4 min de lecture

INFO RTL - "Il en va de la sécurité du Président" : malaise au GSPR, la protection rapprochée d'Emmanuel Macron sous tension

Selon les informations de RTL, sept agents du GSPR, le groupe de sécurité de la présidence de la République qui assure la sécurité au quotidien d'Emmanuel Macron et de sa famille, ont alerté le médecin chef de l'Élysée de leur mal-être et de risques psychosociaux depuis l'arrivée de leur nouveau directeur en septembre 2025.

Un membre du GSPR dans l'avion de la présidence de la République (illustration)

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Sophie Neumayer

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Ils sont plus d'une quinzaine, selon les informations de RTL, à avoir envisagé de pousser la porte du bureau du médecin-chef de la Présidence pour lui faire part de leur malaise mais ils y ont renoncé par peur de représailles. Au final, sept agents ont franchi le pas ces derniers mois et ont effectué cette démarche inédite pour ce groupe d'élite composé de près de 80 policiers et gendarmes. 

Ceux qui ont accepté de se confier à nous, sous couvert d'anonymat, évoquent des réflexions quotidiennes, des reproches, voire des menaces de bloquer les avancements ou tout simplement d'être évincés du GSPR en cas de désaccord avec la direction : "Si tu ouvres la bouche, tu sors" nous rapporte l'un d'eux qui ajoute venir à l'Élysée la boule au ventre.

Un climat de "terreur", selon nos sources, alimenté par l'éviction d'un gendarme en juin dernier après 10 ans passés au sein de l'unité. C'est en tous cas ainsi que le militaire l'a vécu. Il l'a écrit dans un mail envoyé à plus de 90 salariés de l'Élysée et que nous avons pu consulter.

Le colonel chef du GSPR accusé de favoriser les gendarmes au détriment des policiers

"Cette décision m'a été notifiée de manière aussi brutale qu'inattendue", écrit le gendarme qui pointe ses désaccords avec la hiérarchie. "J'ai toujours défendu l'idée que la force du GSPR résidait dans la confiance mutuelle entre policiers et gendarmes (...) À cet égard, certaines orientations prises ces dernières années m'ont parfois conduit à exprimer mon désaccord. (...) J'ai plutôt le sentiment que ma liberté de parole, mes prises de position et mon refus d'adhérer sans réserve à certaines orientations de commandement ont progressivement fait de moi un élément devenu gênant", déplore-t-il. 

À écouter aussi

En réponse à ce mail, le directeur du GSPR, le DSPR, a répondu à l'ensemble des destinataires du Palais : "Je ne commenterai pas cette décision, qui relève de la hiérarchie et a été prise en toute responsabilité. (...) Il me met personnellement en cause de manière inexacte." Le gendarme évincé a saisi la cellule STOP DISCRI de la gendarmerie nationale, mais la procédure a peu de chances d'aboutir, nous soufflent nos témoins. 

Les agents du GSPR avec lesquels nous avons pu échanger pointent tous les décisions de ce colonel de gendarmerie, qui était précédemment numéro deux du service et qui en a pris la tête en septembre 2025. Notamment, concernant les policiers de cette unité historiquement mixte, composée à la fois de policiers issus du SDLP, service de la protection, et de gendarmes issus du GIGN,  groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale. 

Nos sources accusent le colonel chef du GSPR de favoriser les gendarmes au détriment des policiers : quelques jours après son arrivée à la direction, il a ordonné aux policiers de retirer tout écusson avec la mention "Police" de leur équipement. Au total, onze gendarmes ont été promus ou ont évolué contre deux seulement côté police depuis qu'il dirige l'unité. Ou encore, ce sont les gendarmes qui ont été formés en priorité au nouveau fusil dont le GSPR a été doté récemment. 

La médaille du GSPR éditée sous le précédent directeur, un policier, va disparaître à la faveur d'une nouvelle médaille cette fois à l'effigie d'un symbole choisit par les gendarmes, "plus de 5.300 euros d'argent public jetés à la poubelle", s'indignent plusieurs officiers de sécurité. Enfin, le colonel a nommé pour la première fois de l'histoire du groupe, un numéro 3 et un numéro 4, tous deux gendarmes.

"Il faut se demander quelles sont les conséquences opérationnelles d'un tel climat"

Une situation mal vécue à la fois par les policiers et par les gendarmes de l'unité. Un militaire a d'ailleurs décider de quitter de lui même ce prestigieux groupe peu de temps après l'éviction de son collègue. Toujours selon nos informations, il a peiné ensuite à trouver une nouvelle affectation au sein de la gendarmerie nationale.

Autre signe du malaise, c'est la première fois en 43 ans d'existence du GSPR qu'un syndicat est présent au sein de l'unité. Alliance Police a fait son entrée trois mois après la nomination du colonel et a tenté d'alerter à plusieurs reprises la hiérarchie, notamment au cours de deux audiences. En vain. "Au GSPR, la police s'efface et ce n'est pas un accident" est le titre de l'un des tracts édités pour alerter. "Au point que la police soit totalement évincée d'ici 2027 ?", s'interrogent nos sources.

"Il en va de la sécurité du président de la République", avertit l'un de ces officiers de sécurité. À RTL, il confie : "Notre métier repose sur la confiance, la concentration, et une coordination parfaite entre policiers et gendarmes. Quand des personnels travaillent avec la boule au ventre, ont peur de parler, commencent à se méfier de leur hiérarchie ou de leurs propres collègues et se demandent constamment quelles pourraient être les conséquences d’une parole ou d’un désaccord, il faut forcément se demander quelles peuvent être les conséquences opérationnelles d’un tel climat", souligne-t-il.
 
Contacté par RTL, le palais de l'Élysée n'a, pour l'heure, pas répondu à nos sollicitations.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée