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"Nous vivons entre la peur et l'espoir" : sur RTL, un manifestant iranien dénonce une "brutalité extrême" envers le peuple mobilisé contre le régime

Des manifestations sont en cours depuis près de deux semaines en Iran pour protester contre le régime en place. Mais les informations sont difficiles à obtenir alors qu'Internet est coupé depuis jeudi et que des réfugiés ne peuvent plus contacter leur famille.

Des Iraniens se rassemblent tout en bloquant une rue lors d'une manifestation à Téhéran, en Iran, le 9 janvier 2026.

Crédit : MAHSA / Middle East Images / Middle East Images via AFP

"Nous vivons entre la peur et l'espoir" : manifestants ou réfugiés, des Iraniens témoignent au micro de RTL

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Marine Langlois & Emilie Baujard

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"L'Iran doit être libre et accéder à la démocratie, même si cela doit nous coûter la vie." Le peuple iranien continue de défier le pouvoir et de demander la chute du régime. Si les manifestations ont commencé à Téhéran fin décembre pour dénoncer le coût de la vie, elles ont depuis gagné en ampleur dans tout le pays. 

Mais il est difficile de savoir ce qui se passe dans les rues iraniennes alors qu'Internet est coupé depuis jeudi. Selon l'ONG Iran Human Rights, au moins 51 manifestants, dont 9 enfants, ont été tués et des centaines d'autres ont été blessés. RTL a réussi à entrer en contact avec un manifestant iranien, appelé Reza pour sa sécurité, qui a réussi à nous passer un message écrit grâce à une connexion Internet Starlink. Il décrit une situation "catastrophique". 

"Les manifestants ont été réprimés avec une brutalité extrême. On déplore de nombreux morts et un très grand nombre de blessés. En raison de la coupure d'Internet, très peu de vidéos de ces massacres parviennent au reste du monde", décrit Reza auprès de RTL. 

Ajoutant : "Nous vivons entre la peur et l'espoir. Nous ignorons ce qui va se passer ensuite. Et avec un tel niveau de répression, je doute que les manifestations puissent durer très longtemps. Ce soir, les gens prévoient de retourner dans la rue et j'irai aussi. Le risque d'être blessé ou tué, peu importe. L'Iran doit être libre et accéder à la démocratie, même si cela doit nous coûter la vie."

"J'essaie d'appeler mais je n'ai pas de nouvelles"

Les informations sont donc compliquées à obtenir comme l'explique Hengamé Yayazadeh au micro de RTL. Cette Iranienne est réfugiée en France depuis 2016 avec ses parents et son petit frère. Depuis trois jours, elle n'a plus de nouvelles de sa famille restée en Iran et explique ne pas dormir, trop angoissée. 

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"Ma mère m'a appelée plusieurs fois pour me dire 't'as pas de nouvelles de ta grand-mère, de tes tantes ?'. J'ai dit 'bah non, j'essaie d'appeler mais j'ai pas de nouvelles'. La dernière fois, j'ai eu ma grand-mère et mes tantes, en même temps, en visio, elles se préparaient pour rejoindre la manifestation qui commençait une heure après", témoigne-t-elle. 

Avant d'ajouter : "Mais depuis qu'ils sont partis, on n'a plus de nouvelles du tout. Pendant la manifestation, je pense, ils ont essayé de mettre leur portable à la maison ou dans la voiture. En-tout-cas, ce n'était plus nécessaire parce que si jamais ils sont rattrapés, ils cherchent sur le portable et ils peuvent très facilement récupérer toutes les informations de toute la famille."

Le fils du dernier chah d'Iran bientôt de retour dans son pays ?

Hengamé Yayazadeh assure néanmoins avoir de l'espoir, "l'espoir que ce sera la chute de ce régime totalitaire". Et pour beaucoup, cette chute signifie notamment le retour de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran et exilé aux États-Unis depuis 1979. Il est "le leader de cette révolte", assure la réfugiée iranienne. 

"Ce que le peuple iranien veut aujourd'hui, crie dans les rues, c'est 'on ne veut plus Khamenei, on veut le  Pahlavi'. Actuellement, la seule chance, on va dire, que nous avons pour être unis, tous les Iraniens, c'est d'écouter le leader de cette révolte qui nous guide comment on peut marcher vers la chute du régime islamique", termine la réfugiée iranienne. 

Sur ses réseaux sociaux, Reza Pahlavi incite sans relâche les manifestants iraniens à maintenir la pression, et même à "conquérir les centres-villes". "Bravo à tous ceux qui sont descendus dans la rue. Je suis fier de vous. J'invite à mobiliser les foules afin qu'elles soient encore plus impressionnantes. Je sais qu'ils ont coupé Internet, qu'ils ont coupé toute communication, mais je sais que vous n'abandonnerez pas la rue. Cette victoire sera la vôtre", lance-t-il dans une vidéo publiée en ligne.

De nombreux leaders politiques ont apporté leur soutien aux manifestants. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré samedi que l'Europe soutenait "pleinement" les manifestations massives en Iran et condamnait la "répression violente" contre les participants. Donald Trump a de son côté multiplié les messages ces derniers jours avec un dernier en date : "L'Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider!!!", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social. 

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