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"Notre démocratie est attaquée" : Bruce Springsteen dénonce le fonds voulu par Trump pour les assaillants du Capitole

Lors d’un concert à Washington, Bruce Springsteen a ouvertement critiqué un projet du ministère américain de la Justice prévoyant un fonds de 1,8 milliard de dollars. Ce dispositif viserait à indemniser des personnes poursuivies après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021.

Bruce Springsteen en concert en 2025

Crédit : Shirlaine Forrest / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Lors de son concert du 27 mai à Washington, Bruce Springsteen a vivement critiqué le projet du ministère américain de la Justice (DOJ), annoncé le 18 mai, visant à créer un fonds de près de 1,8 milliard de dollars destiné aux Américains qui ont prétendument "subi la militarisation et la guerre". 

Ces termes font référence aux personnes qui ont fait face à des répercussions juridiques pour leur implication dans l'assaut du Capitole, dans un contexte de contestations des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020, ayant causé la mort de cinq personnes. 

"Nous avons un président qui veut créer un fonds de 1,8 milliard de dollars pour indemniser et récompenser les personnes qui ont attaqué la capitale de notre pays", a déploré le chanteur au stade de baseball des Nationals, relayé par Billboard

"Notre démocratie est attaquée. Nos policiers ont été agressés le 6 janvier. C'est un scandale américain, et cela se produit maintenant. Cette tragédie américaine ne peut être stoppée que par le peuple", s'est-il exclamé sur scène. Sous les applaudissements du public, Bruce Springsteen a ajouté : "Personne ne viendra nous sauver. Nous devons le faire nous-mêmes." 

Un fonds pour indemniser ces alliés

Ce fonds a été minutieusement négocié. En échange de l'abandon des poursuites de Donald Trump contre le fisc suite à la fuite de ses déclarations de revenus en 2019, le président a obtenu 1,776 milliard de dollars pour indemniser ceux qui l'ont soutenu après sa défaite et qui estiment avoir été maltraités par les forces de l’ordre. 

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"L’appareil gouvernemental ne devrait jamais être utilisé comme une arme contre un Américain, et ce ministère a l’intention de réparer les torts qui ont été commis auparavant tout en veillant à ce que cela ne se reproduise plus", avait déclaré à l’époque le procureur général américain par intérim, Todd Blanche, dans un communiqué. "Dans le cadre de ce règlement, nous mettons en place un processus légal permettant aux victimes de violences judiciaires et d’armes d’être entendues et de demander réparation", a poursuivi ce proche de Donald Trump. 

À peine installé à la Maison Blanche en janvier 2025, le nouveau président avait accordé son pardon ou commué la peine de l’ensemble des quelque 1.500 individus condamnés dans ces émeutes, y compris deux détenus violents, membres de milices néo-fascistes à l'initiative de l’attaque.

Vendredi, une juge fédérale américaine a provisoirement gelé le fonds d'indemnisation "anti-instrumentalisation". Elle a interdit jusqu'à nouvel ordre au gouvernement toute action concernant ce fonds, y compris de l'alimenter financièrement ou d'en retirer de l'argent, ou d'examiner les demandes d'indemnisation, afin de s'assurer qu'aucune somme ne soit "irréversiblement versée" avant qu'elle ne se soit prononcée. La juge a fixé une nouvelle audience au 12 juin sur une possible extension de ce gel.

Une passe d'armes entre les deux hommes

Ce n'est pas la première fois que le chanteur de 76 ans dénonce publiquement la politique du 47e président des États-Unis. Un peu plus tôt, il avait dénoncé les actions de l'ICE - la police de l'immigration - à Minneapolis. La ville de Minnesota était alors l'épicentre des contestations contre les méthodes brutales des agents, notamment après la mort de deux citoyens américains de cet État du nord.

"Bruce Springsteen, un chanteur mauvais et très ennuyeux, qui ressemble à un pruneau séché… souffre depuis longtemps d'un cas horrible et incurable du syndrome de dérangement de Trump", avait rétorqué le Républicain sur Truth Social, fidèle à lui-même.

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