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Guerre au Moyen-Orient : Israël et le Liban signent un accord "pour une paix durable", le Hezbollah prévient d'un risque de "guerre civile"

Vendredi, les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux États-Unis ont signé un accord trilatéral avec le département d'État américain prévoyant le désarmement du Hezbollah et la reprise du contrôle de "zones pilotes" par l'armée libanaise. Des partisans du mouvement pro-iranien se sont réunis au sud de Beyrouth pour protester contre cet accord.

L'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, Yechiel Leiter, et celle du Liban, Nada Hamadeh, signent un accord-cadre à Washington, le 26 juin 2026.

Crédit : SAUL LOEB / AFP

AFP - édité par Quentin Menu

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Israël, le Liban et les États-Unis ont signé vendredi à Washington un accord-cadre visant à trouver "une paix durable" entre les deux pays du Proche-Orient, Israël assurant que son armée resterait au Liban jusqu'au désarmement du Hezbollah pro-iranien.

"Nous sommes heureux d'annoncer un accord-cadre entre le gouvernement souverain du Liban et le gouvernement d'Israël, avec la médiation et le soutien des États-Unis", a déclaré le secrétaire d'État américain Marco Rubio avant la signature. Ce texte pose la première pierre d'"un cadre pour une paix et une sécurité durables", a-t-il estimé.

Il s'agit d'un "premier pas" vers la restauration de la souveraineté du Liban, sans "occupation", "subordination", ni "tutelle", a déclaré de son côté le président libanais Joseph Aoun. Le député du Hezbollah Hassan Fadlallah a lui estimé que le texte faisait courir un risque de "guerre civile" en cas d'application par les autorités libanaises.

Protestations à Beyrouth

L'un des points clés est le "désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et le démantèlement des infrastructures qui leur sont associées", dont le Hezbollah pro-Téhéran qui s'est toujours opposé aux négociations.

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Après l'annonce de l'accord, des partisans du mouvement ont manifesté dans les rues de Beyrouth, notamment dans les quartiers proches du Parlement et le long d'une route menant à l'aéroport, et ont bloqué au moins une route avec des pneus enflammés, selon l'ANI, une agence officielle. Un correspondant de l'AFP a également vu des postes de contrôle temporaires de l'armée libanaise être mis en place dans plusieurs rues.

Des partisans du Hezbollah descendent dans les rues des banlieues sud de Beyrouth pour protester contre l'accord trilatéral signé entre les États-Unis, Israël et le Liban le 27 juin 2026.

Crédit : Ibrahim AMRO / AFP

Le Liban et Israël avaient entamé mi-avril des discussions directes à Washington, les premières depuis des décennies entre les deux pays techniquement toujours en état de guerre. Cette session de pourparlers était la cinquième.

L'armée israélienne restera dans le Sud Liban, dit Nétanyahou

L'accord-cadre prévoit notamment de confier progressivement à l'armée libanaise le contrôle de deux "zones pilotes", qui ont vocation à se multiplier jusqu'à ce que les forces étatiques aient la main sur tous les secteurs concernés, devant y permettre à terme le retour des civils. L'une des deux premières zones est située au sud et l'autre au nord du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Le retrait israélien devrait être limité puisque Benyamin Nétanyahou a répété que son armée resterait dans le sud du Liban jusqu'à ce que le Hezbollah "soit désarmé". La disparition de cette menace "éliminera toute nécessité future d'une intervention militaire ou d'une présence des Forces de défense d'Israël au Liban", et "le gouvernement israélien déclare n'avoir aucune ambition territoriale au Liban", dispose ainsi l'accord.

À Washington, Marco Rubio a décrit le texte comme "le début du début". Il a annoncé dans un communiqué une "aide humanitaire immédiate de 100 millions de dollars, en coordination avec les Nations unies", ainsi qu'un versement de "plus de 30 millions de dollars" aux Forces armées libanaises "en faveur d'une paix durable au Liban".

Le chef de l'aide humanitaire à l'ONU, Tom Fletcher, a ainsi plaidé pour un accès "sûr, continu et libre" des organisations aux personnes dans le besoin, un déminage et la réparation prioritaire des infrastructures essentielles.

Soutien des États-Unis pour la reconstruction du Liban

Selon l'accord-cadre, les États-Unis soutiendront plus généralement le gouvernement libanais pour la reconstruction du pays, la relance économique et les "perspectives de prospérité". De son côté, Beyrouth s'engage à s'assurer que les fonds n'atterrissent pas entre les mains de groupes armés et d'entités liées.

Les hostilités sur le front libanais ont repris début mars après des tirs du Hezbollah pro-iranien vers Israël, déclenchés en soutien à Téhéran visé par une offensive militaire israélo-américaine. L'armée israélienne a mené de vastes frappes aériennes au Liban et déployé des troupes dans le sud du pays, faisant plus de 4.200 morts selon les autorités libanaises. Elle occupe une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de sa frontière, censée protéger les habitants du nord d'Israël.

Une trêve annoncée le 17 avril n'a jamais été respectée, mais les affrontements entre Israël et le Hezbollah ont largement diminué depuis la signature mi-juin d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, Téhéran ayant exigé qu'une cessation des combats au Liban en fasse partie.

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