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Le Pape en Irak : quels sont les enjeux de cette visite historique ?

ÉCLAIRAGE - Le pape François entame ce vendredi un voyage historique de quatre jours en Irak. Une visite au cours de laquelle le souverain pontife va encourager le dialogue interreligieux, apporter son soutien à un pays durement marqué par Daech et tendre la main aux Chiites.

Un militaire irakien à Bagdad devant une affiche annonçant la venue du pape François en Irak
Un militaire irakien à Bagdad devant une affiche annonçant la venue du pape François en Irak Crédit : AHMAD AL-RUBAYE / AFP
Marie Guerrier
Marie Guerrier Journaliste RTL

Le pape François arrive ce vendredi 5 mars pour un voyage historique en Irak. Une visite à laquelle tenait vraiment le souverain pontife, qui en parle depuis plus de 6 ans. En 2014, dès que Daech envahit le nord de l'Irak, le Pape fait savoir qu'il veut aller soutenir les Chrétiens contraints de fuir la plaine de Ninive et de s'exiler plus à l'est à Erbil chez les Kurdes irakiens.

Pour des raisons de sécurité, ce n'est pas possible, il faut attendre. À la chute de Daech, tout n'est que ruine. Le Pape donne 200.000 euros pour contribuer à la reconstruction en vendant une voiture de luxe qui lui avait été offerte.

Aujourd'hui, il peut enfin venir réconforter ceux qui ont tant souffert, leur apporter dit-il "la caresse affectueuse de toute l’Église" et les encourager à tenir bon sur cette terre ancestrale. Les chrétiens d’Irak constituent l'une des plus anciennes communautés au monde fondée dès le Ier siècle.

François sera le premier pape à célébrer la messe dans le rite oriental en chaldéen, une langue proche de l'araméen que parlait Jésus. Mais, attention, il ne s'agit pas non plus de s'adresser uniquement à la toute petite minorité chrétienne. Le Pape vient parler à tous les Irakiens. "Vous êtes tous frères", est la devise de son voyage.

Encourager le dialogue interreligieux dans le pays

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François a choisi un lieu très symbolique pour une prière avec les représentants des autres religions, la ville de Ur, au sud de Bagdad. Ur en Chaldée où Abraham est né selon la tradition. Abraham : le patriarche, l'ancêtre commun, reconnu par les juifs, les chrétiens et les musulmans. On dit que sa descendance est aussi nombreuse que les étoiles du ciel.

À Ur, on se trouve dans le berceau des trois religions monothéistes. Et samedi autour du Pape seront réunis tous les représentants religieux d'Irak : musulmans, chiites, sunnites, communautés chrétiennes, et autres minorités religieuses comme les sabéens ou les Yezidis. Toute la mosaïque irakienne. 

C'est une rencontre pour encourager le dialogue interreligieux, un dialogue de réconciliation, pour ensuite travailler ensemble à la reconstruction du pays. Mais ils vont commencer par prier ensemble. Il y aura des témoignages, des chants, des lectures de la Bible et du Coran.

"Je viens en pèlerin de la paix et de l'espérance", dit François. C'était aussi ce que souhaitait Jean-Paul II en 2000 : venir en Irak à Ur, plaider pour la paix, mais Saddam Hussein s'y était opposé.

Une main tendue aux Chiites

François va rencontrer en tête à tête le chef spirituel des musulmans chiites irakiens; l'ayatollah Al Sistani. Dans le monde musulman, les sunnites sont plus nombreux que les chiites, mais en Irak, c'est l'inverse.

L'ayatollah Al Sistani est la figure la plus importante du chiisme Irakien, présenté comme un modéré, il s'est prononcé en faveur d'une coexistence pacifique des religions. Il reçoit peu, mais accueillera François chez lui à Najdaf ville sacrée de l'islam chiite (c’est là que se trouve le tombeau d’Ali que les Chiites considèrent comme le successeur du prophète Mahomet). La rencontre devrait être brève, mais il s'agit du premier contact entre ces deux hautes autorités religieuses. "Visite de courtoisie", a écrit le Vatican sur le programme officiel.

Le pape François tend la main aux Chiites après avoir tendu la main aux Sunnites. Il a déjà signé avec le grand imam sunnite d'al Azhar en Egypte une déclaration commune sur la fraternité humaine. Mais il avait fallu plusieurs rencontres, à Rome, au Caire, à Abu Dhabi...

Il faudra probablement un peu de temps aussi avec les Chiites. François est un homme tenace, cela fait 6 ans qu'il parle de son voyage en Irak.

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