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Irak : quel est le programme de la visite historique du pape François ?

ÉCLAIRAGE - Pour la première visite papale de l'Histoire en Irak, le souverain pontife se rendra sur les sites les plus emblématiques de l'Islam et du Christianisme.

Un membre des forces irakiennes à Bagdad, près de la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours, le 1er mars 2021
Un membre des forces irakiennes à Bagdad, près de la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours, le 1er mars 2021 Crédit : Sabah ARAR / AFP
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Thomas Pierre et AFP

Pour la première fois de l'Histoire, un pape sera à partir de vendredi 5 mars en Irak. Objectif de ce voyage de François : encourager la fragile minorité chrétienne à tenir bon malgré les conflits et la dureté de la vie, et tendre spectaculairement la main à l'islam chiite.

Dans ce berceau de la chrétienté rendu exsangue par les guerres et encore marqué par la percée du groupe Etat islamique (EI), le pape François rencontrera la plus haute autorité religieuse d'une partie du monde chiite, le grand ayatollah Ali Sistani à Najaf, au sud de Bagdad.

Il s'agira en outre du premier séjour à l'étranger du souverain pontife depuis le début de la pandémie de Covid-19, après avoir été dûment vacciné. Et pour cette visite historique, le pape François a vu les choses en grand. Au menu notamment des sites parmi les plus emblématiques du pays. 

Bagdad, la forteresse

Vendredi, le pape prononcera un discours en la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours dans le quartier central de Karrada à Bagdad. Le 31 octobre 2010, des jihadistes d'Al-Qaïda y avaient mené la prise d'otages la plus sanglante contre des chrétiens d'Irak: 44 fidèles, deux prêtres et sept membres des forces de sécurité avaient été tués.

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Aujourd'hui, les vitraux ont été remplacés par des plaques de verre portant les noms des victimes et au-dessus de l'autel un message proclame: "Où est donc ta victoire, la mort?". Les fidèles y sont de moins en moins nombreux, et les portes sont cachées derrière d'énormes blocs de béton. Pour la venue du pape, ces derniers ont été repeints aux couleurs du drapeau irakien et d'immenses portraits du souverain pontife s'y étalent.

Najaf, la sainte

Dans une nouvelle main tendue à l'islam, le pape François visitera aussi Najaf, à 150 km au sud de Bagdad. Vieille de 1.230 ans, la ville est l'un des lieux les plus saints du chiisme car elle abrite le mausolée au dôme doré de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet et figure fondatrice de l'islam chiite.

Samedi, Najaf sera l'hôte d'une rencontre au sommet: le chef des 1,3 milliard de catholique du monde, le pape François, 84 ans, sera reçu par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse de la plupart des chiites d'Irak et de nombreux chiites du monde, 90 ans.

L'homme, frêle et à la longue barbe blanche, n'a jamais été vu en public et ne reçoit que de très rares dignitaires dans sa maison spartiate. De quoi rendre cette "visite personnelle" plus solennelle et exceptionnelle.

Le Pèlerinage d'Abraham

C'est le moment le plus spirituel et la raison pour laquelle le pape François tenait tant à venir en Irak: Ur, lieu de naissance du patriarche Abraham selon la Bible, est nommée "Ur des Chaldéens" dans le livre saint.

Dans cette ville située dans la province méridionale de Zi Qar, le pape priera samedi avec des musulmans, des Yazidis et des Sabéens, deux monothéismes nés avant la chrétienté. La cité aujourd'hui en ruines a été fondée au 6e millénaire avant Jésus-Christ avant de devenir une des villes majeures de la Mésopotamie sumérienne --Ur signifie d'ailleurs "ville" en sumérien. Son principal monument est la "ziggurat", structure pyramidale à plusieurs étages découverte dans les années 1930.

Mossoul et Qaraqoch

La province de Ninive (nord) est le berceau des chrétiens d'Irak. Le chef-lieu de cette province, Mossoul, est resté pendant trois ans, jusqu'à 2017, sous le joug du groupe jihadiste Etat islamique (EI). A Mossoul, le pape François visitera dimanche l'église al-Tahira. Les premiers écrits la concernant remontent au XVIIe siècle mais selon certains historiens l'église aurait été construite jusqu'à 1.000 ans plus tôt.

Le pape se rendra le même jour à Qaraqoch, à quelque 30 km plus au sud. Cette localité, dont l'existence remonte à d'avant la chrétienté, est aujourd'hui majoritairement peuplée de chrétiens qui parlent une forme moderne d'araméen. En grande partie détruite par l'EI, la ville est aujourd'hui sous tension en raison de la présence de nombreux groupes armés, rattachés à l'Etat.

Erbil, le refuge

Pour le pape François, Erbil, la capitale du Kurdistan irakien dans le Nord, sera peut-être l'une des plus agréables étapes. Dimanche, il y présidera une messe en plein air dans un stade pour laquelle des milliers de fidèles se sont inscrits. Même si la ville d'Erbil est un bastion kurde, donc musulman, elle avait ouvert grand ses portes aux centaines de milliers de chrétiens, mais aussi de Yazidis et de musulmans, fuyant l'EI.

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