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La guerre en Ukraine a aussi des conséquences directes sur la conquête spatiale

Le spatial est l'un des domaines où la coopération entre la Russie, l'Union européenne et les Etats-Unis est la plus active. Le conflit en Ukraine va donc directement impacter plusieurs grands projets spatiaux censés aboutir dans les prochains mois.

La Station spatiale internationale
La Station spatiale internationale
Crédit : AFP/Nasa
Benjamin Hue
Benjamin Hue

La guerre en Ukraine a aussi des conséquences dans le spatial, l'un des domaines où la collaboration entre la Russie, l'Europe et les Etats-Unis est la plus active. En réaction aux sanctions européennes, l'agence spatiale russe Roscosmos a annoncé ce week-end l'arrêt des lancements des fusées Soyouz depuis la base spatiale de Kourou en Guyane. L'invasion russe devrait aussi mettre à mal la coopération internationale dans l'ISS et compromettre le lancement de la mission ExoMars, attendu cet automne.

La suspension des lanceurs russes à Kourou impacte directement les lancements de satellites qui étaient prévus dans les prochaines semaines. Les premières victimes collatérales sont les deux satellites du système GPS européen Galileo et le satellite militaire français CS0-3. Ces lancements devraient être reportés en attendant de trouver un autre lanceur. L'impact du retrait russe de Guyane est cependant à relativiser. "L'utilisation des fusées Soyouz à Kourou était en train de toucher à sa fin en attendant qu'Ariane 6 soit complètement opérationnelle d'ici la fin d'année", souligne Isabelle Sourbès-Verger, directrice de recherches au CNRS, géographe et spécialiste des politiques spatiales, jointe par RTL.

La Russie directement impliquée dans plusieurs modules essentiels de l'ISS

L'isolement russe sur la scène internationale soulève aussi la question de l'avenir de la Station spatiale internationale, qui doit progressivement être mise hors service à partir de 2024. L'ISS abrite actuellement quatre astronautes américains, deux Russes et un Allemand. Elle ne devrait pas être directement impactée à court terme, comme le suggèrent les dernières déclarations de la Nasa et de l'agence spatiale russe. "Concernant les expériences menées dans la station, la vie à bord et le partage des tâches, rien ne va changer car tout le monde est interdépendant. Sauf à fermer la station et rapatrier tout le monde, ils devraient continuer", explique Isabelle Sourbès-Verger.

La Russie détient plusieurs modules essentiels au fonctionnement de la l'ISS, dont les vaisseaux Progress, amarrés au module russe de la station, régulièrement chargés de donner une impulsion pour rectifier son altitude. "Les prochaines opérations prévues avec les vaisseaux Progress semblent compromises. Mais on arrive en fin de parcours de la dépendance des moyens russes. En combinant les moyens d'Elon Musk avec le vaisseau Cygnus et d'autres vaisseaux, on devrait pouvoir remonter la station", souligne la spécialiste. La situation n'est pas urgente. Actuellement en orbite à 400 km du sol, l'ISS mettrait plusieurs années avant de s'écraser.

La mission ExoMars très compromise

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La problématique semble plus complexe pour un autre programme spatial majeur, la mission ExoMars, dont l'ambition est de déterminer s'il y a eu de la vie sur la planète rouge par le passé. Fruit d'une collaboration entre l'Europe et la Russie, ce programme devait aboutir par le lancement du rover Rosalind Franklin cet automne. "Cette mission semble compromise car elle doit partir de Baïkonour et être assurée par une fusée russe. Elle nécessite de faire transiter des scientifiques et ingénieurs de l'ESA, des vols pour transporter le matériel, des expérimentations avec les partenaires russes. Dans l'état actuel des choses, ça paraît compliqué", estime Isabelle Sourbès-Verger.

D'une manière générale, les scientifiques espèrent que le domaine spatial restera un canal de coopération et d'ouverture. "Malgré le conflit actuel, la coopération spatiale reste un pont", a affirmé vendredi le directeur de l'Agence spatiale européenne. Mais la position semble difficile à tenir pour des missions aux dimensions stratégiques et militaires impliquant du matériel intégré européen et russe.

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