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Biélorussie, Navalny... Les dossiers brûlants qui attendent Macron aux pays Baltes

Le chef de l'État français effectuera de lundi à mercredi sa première visite en Lituanie et en Lettonie sous fond de crise en Biélorussie et de montée des tensions avec la Russie.

Emmanuel Macron, le 30 juin 2020
Emmanuel Macron, le 30 juin 2020 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Pour la première fois depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron va se rendre en Lituanie et en Lettonie, du lundi 28 septembre au mercredi 30 septembre. Les deux États baltes espèrent son appui face à la crise politique au Bélarus et aux pressions russes. 

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko "doit partir", a affirmé le locataire de l'Élysée à la veille de cette tournée, au cours de laquelle il doit rencontrer ses homologues lituanien Gitanas Nauseda et letton Egils Levits, ainsi que le Premier ministre letton Arturs Krisjanis Kariņs.

Le chef de l'État rendra également visite au contingent de 300 soldats français stationnés sur la base lituanienne de Rukla, dans le cadre de la présence renforcée de l'Otan dans la région. L'Alliance atlantique a déployé des rotations permanentes de troupes en Pologne et dans les États baltes face à la politique jugée agressive de Moscou depuis l'annexion en 2014 de la Crimée ukrainienne.

"Il est clair que Loukachenko doit partir"

Outre les relations bilatérales, les discussions d'Emmanuel Macron avec les dirigeants baltes devraient porter sur la crise au Bélarus voisin, après la réélection le 9 août du président Alexandre Loukachenko, accusé par l'opposition d'avoir truqué l'élection. "Ce qui se passe en Biélorussie, c'est une crise de pouvoir, un pouvoir autoritaire qui n'arrive pas à accepter la logique de la démocratie et qui s'accroche par la force. Il est clair que Loukachenko doit partir", a affirmé le chef de l'État dans des déclarations au Journal du dimanche.

L'UE comme les pays baltes n'ont pas reconnu son élection et la Lituanie a donné refuge à la cheffe de file de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa. Les trois États baltes ont décidé des sanctions à l'encontre de fonctionnaires bélarusses jugés responsables de la répression contre l'opposition. L’Union européenne devrait également prendre des sanctions contre le régime bélarusse, pour l'instant bloquées par le veto de Chypre.

Pour une transition pacifique

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Emmanuel Macron "rencontrera l'opposante" bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa "si elle en fait la demande", a assuré lundi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Cette dernière a déclaré jeudi au Figaro qu'elle "attend beaucoup" du chef de l'État et espère qu'il "s’engage pour nous aider à sortir de l’impasse". 

La France réclame pour le Bélarus une transition pacifique, avec la fin de la répression puis par l'engagement d'un dialogue prenant en compte la volonté de la population, "en évitant le risque d'une plus grande répression, voire une intervention de la Russie", a rappelé l'Élysée. "Il se trouve que j'ai parlé à Vladimir Poutine le 14 septembre, le jour où il recevait Loukachenko à Sotchi. Je lui ai dit que la Russie a un rôle à jouer, et ce rôle peut être positif s'il pousse Loukachenko à respecter la vérité des urnes et à libérer les prisonniers politiques. C'était il y a quinze jours, nous n'y sommes pas", a déclaré le président au JDD.

"Réponse ferme"

Le voyage d'Emmanuel Macron s'effectue dans un contexte de tensions avec la Russie, provoquées par l'affaire de l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny, a aussi souligné l'Élysée. Les États baltes souhaitent tous deux un appui de la France face à la Russie. "La Lituanie attend une réponse ferme du président Emmanuel Macron sur la Russie et la situation au Belarus. La discussion devrait aussi porter sur le rôle de l'Otan pour garantir la sécurité de la région, les Américains étant considérés comme le facteur clé de la sécurité des États Baltes", explique le professeur de l'Université de Vilnius Ramunas Vilpisauskas.

"Emmanuel Macron pourrait renforcer la position européenne vis-à-vis du Bélarus, voire jouer un rôle de médiateur entre Loukachenko et l’opposition", ajoute le politologue letton Marcis Krastiņs. En avril 2018, le chef de l'État avait reçu à Paris les présidents des trois États baltes à l'occasion du centième anniversaire de leur indépendance, et réaffirmé que la France était à leurs "côtés", notamment "dans le cadre de l'Otan".

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