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Italie : le bateau de migrants Sea-Watch force le blocus après 13 jours en mer

Le navire humanitaire a annoncé lundi 26 juin forcer le blocus italien au large de l'île de Lampedusa. Il était bloqué en mer depuis 13 jours avec à son bord 42 migrants.

Le Sea watch, à Malte, le 4 janvier 2019
Le Sea watch, à Malte, le 4 janvier 2019 Crédit : FEDERICO SCOPPA / AFP
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Paul Turban et AFP

La tension était montée entre l'équipe du Sea-Watch et les autorités européennes. Le navire humanitaire a annoncé ce mercredi 26 juin qu'il forçait le blocus italien au large de l'île de Lampedusa. Il veut débarquer les 42 migrants, dont 3 mineurs, bloqués à bord depuis 13 jours. Les relevés des sites de trafic maritime ont confirmé l'entrée du bateau dans les eaux italiennes. 

"J'ai décidé d'entrer dans le port de Lampedusa. Je sais ce que je risque, mais les 42 naufragés à bord sont épuisés. Je les emmène en lieu sûr", a déclaré sur Twitter la jeune capitaine allemande du navire, Carola Rackete. Elle risque des poursuites pour aide à l'immigration clandestine, ainsi que la saisie du bateau et une amende de 50.000 euros conformément à un nouveau décret italien. 

"Nous ferons usage de tous les moyens démocratiquement permis pour bloquer cette insulte au droit et aux lois", a réagi en direct le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, dans une vidéo sur Facebook. Il a dénoncé le "petit jeu politique sordide" de l'ONG, mais aussi l'indifférence affichée par les Pays-Bas, dont le Sea-Watch bat le pavillon, et l'Allemagne, le pays de l'ONG. 

L'Italie ferme dans son refus

Saisie par l'ONG allemande Sea-Watch, la Cour européenne des droits de l'Homme avait refusé ce mardi 25 juin d'intervenir en urgence. Elle avait néanmoins demandé à l'Italie de "continuer de fournir toute assistance nécessaire" aux personnes vulnérables à bord. 

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"La Cour européenne de Strasbourg confirme aussi le choix de l'ordre, du bon sens, de la légalité et de la justice: les ports sont fermés pour les trafiquants d'êtres humains et leurs complices", s'était réjoui l'homme fort du gouvernement italien.

Sur les 53 migrants secourus le 12 juin par le Sea-Watch au large de la Libye, l'Italie avait déjà accepté le débarquement de 11 personnes vulnérables (enfants, femmes, malades...). "Maintenant basta (assez)!", avait insisté Matteo Salvini. 

Solidarité européenne

À terre, des dizaines de villes allemandes s'étaient dites prêtes à accueillir les migrants, et l'évêque de Turin, Mgr Cesare Noviglia, avait annoncé lundi 24 juin que son diocèse proposait de les prendre en charge. Le curé de Lampedusa, où la Ligue de M. Salvini a obtenu 45% des voix aux élections européennes de mai, campait depuis plusieurs jours sur le parvis de son église pour réclamer le débarquement des migrants. 

En janvier, 32 migrants secourus par le Sea-Watch étaient restés bloqués 18 jours à bord avant de pouvoir débarquer à Malte grâce à un accord de répartition entre plusieurs pays européens. 

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