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Des icônes de réseaux sociaux affichées sur un smartphone tenu en main sont visibles sur cette photo d’illustration prise à Sartène, en Corse (France), le 30 janvier 2026.
Crédit : Grichka BEYSSON-LEANDRI / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Le Parlement français a définitivement adopté mardi 21 juillet une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La mesure doit entrer en vigueur dès septembre pour protéger la santé des enfants et adolescents. Si cette législation est inédite en Europe, elle intervient après une première mondiale en Australie. Là-bas, les réseaux sociaux sont interdits aux moins de 16 ans depuis décembre 2025. Et quelques mois après son introduction, les résultats de cette mesure apparaissent mesurés.
Une dizaine de plateformes sont désormais interdites aux jeunes Australiens : Instagram, Facebook, Threads, Snapchat, YouTube, TikTok, Kick, Reddit, Twitch et X. À l'époque de la mise en place, la plupart se sont organisées : TikTok a annoncé la désactivation des comptes concernés, Meta a fait de même... En janvier, quelques semaines plus tard, les premières retombées semblaient encourageantes. La eSafety Commission – l'agence australienne de régulation chargée de faire appliquer la loi – avait annoncé que 4,7 millions de comptes appartenant à des moins de 16 ans avaient été fermés. "Aujourd'hui, nous pouvons annoncer que ça fonctionne", s'était félicité le Premier ministre Anthony Albanese lors d'une conférence de presse, comme le rapportait Reuters.
Rapidement, les chiffres dévoilés se sont montrés moins réjouissants : dès le mois de mars, la Commission révélait dans un rapport que 7 parents sur 10 rapportaient que leurs enfants de moins de 16 avaient encore un compte sur l'une des applications visées.
Certains adolescents ont déclaré que leurs comptes n'ont jamais été désactivés. Quant aux autres, ils ne manquent pas de subterfuges pour contourner l'interdiction, comme le rapporte le New York Times : renseigner une fausse date de naissance lors de leur inscription, bien sûr, mais aussi utiliser le compte d'un parent ou d'un frère ou sœur plus âgé... certains assurent même s'être créé une fausse moustache pour déjouer la reconnaissance faciale. Quand des pare-feux ont été mis en place.
Car une étude de l'Université de Newcastle en Australie a révélé que c'est loin d'être toujours le cas. Sur 408 adolescents suivis, plus de 85% âgés de moins de 16 ans continuaient à utiliser des applications trois mois après la mise en place de l'interdiction, et seulement deux tiers d'entre eux rapportaient avoir fait face à une vérification de leur âge.
Une autre étude, menée après l'introduction de la loi par la firme KJR, rapporte des conclusions similaires : 50 faux comptes prétendant avoir 16 ans – l'âge requis pour utiliser les plateformes –, ont été créés ; aucun n'a eu à prouver son âge. Certains de ces comptes ont reçu des publicités pour des produits bancaires à destination des jeunes : un signe, selon Reuters, que la plateforme a bel et bien décelé l'âge de ces utilisateurs fantômes sans leur interdire l'accès. Un autre compte créé sur X, qui prétendait lui aussi avoir 16 ans, a eu accès à des contenus pornographiques. Aucune des plateformes testées par cette enquête n'a autorisé ces faux utilisateurs à créer un compte lorsqu'ils déclaraient avoir moins de 16 ans. En revanche, une seule a interdit la création d'un compte sans que l'utilisateur ne prouve son âge (Kick, basée en Australie).
Pour pallier le problème, le gouvernement australien a décidé de s'en prendre aux compagnies elles-mêmes. En juin, les applications qui n'exerceraient pas un contrôle de l'âge s'exposaient à une amende pouvant aller jusqu'à 49,5 millions de dollars australiens (environs 30,4 millions d'euros). Quelques semaines plus tard, l'exécutif annonçait que ces amendes seraient doublées et portées à 99 millions (61 millions d'euros), comme le rapportait la BBC. En outre, la eSafety Commission a révélé que des enquêtes contre cinq plateformes (Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube) étaient en cours, pour évaluer leur respect des règles mises en place.
Et si cette interdiction s'avérait plus efficace pour les enfants de moins de 12 ans, qui n'avaient pas de compte sur les réseaux sociaux avant la loi et n'en auront pas avant leurs 16 ans ? C'est ce que pense une mère de famille interviewée par le New York Times : "Ils vont évoluer dans un monde où aucun de leurs amis n'y a accès. Ce ne sera plus norme."
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