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Donald Trump, à la Maison Blanche, aux États-Unis le 8 décembre 2025
Crédit : ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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L'étau se resserre sur le territoire autonome danois de l'arctique, peu peuplé mais très convoité par les États-Unis pour ses ressources minières et son importance géostratégique. À quelques heures d'une rencontre sous tension à Washington entre les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise et américaine, Donald Trump a à nouveau martelé sa volonté de mettre la main sur le Groenland.
Les Etats-Unis "ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d'Or (le projet de bouclier antimissile) que nous construisons", a affirmé mercredi 14 janvier le locataire de la Maison Blanche sur son réseau Truth Social. "L'Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l'obtenions", a insisté le président américain, à quelques heures d'une réunion prévue à Washington entre le vice-président JD Vance, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio et les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise.
"SI NOUS NE LE FAISONS PAS, LA RUSSIE OU LA CHINE LE FERONT, ET CELA N'ARRIVERA PAS!", a affirmé le président Trump. "Militairement, sans la puissance considérable des États-Unis (...), l'Otan ne serait pas une force ou une dissuasion efficace, loin s'en faut!", a argumenté Trump. "L'Otan devient bien plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des ÉTATS-UNIS. Tout autre scénario est inacceptable", a-t-il conclu.
Depuis son retour au pouvoir, il y a près d'un an, le président américain évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, territoire autonome danois, stratégique mais peu peuplée. Ses menaces ont redoublé depuis la capture début janvier du président vénézuélien Nicolas Maduro.
Les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise se rendent mercredi à la Maison Blanche pour un entretien sous haute tension visant à désamorcer la crise autour du Groenland, territoire autonome danois dont Donald Trump affirme vouloir s'emparer.
À quelques heures de la rencontre, le Danemark a promis qu'il allait "renforcer sa présence militaire" au Groenland et dialoguer avec l'Otan pour accroître la présence de l'Alliance dans l'Arctique, a annoncé à l'AFP le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, en réponse aux critiques américaines.
Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt avaient sollicité un entretien avec le secrétaire d'Etat, Marco Rubio. La réunion aura finalement lieu à la Maison Blanche, le vice-président, JD Vance, ayant demandé à y participer. Ce dernier avait tenu des propos très durs à l'encontre de Copenhague lors d'une visite au printemps au Groenland, où il n'avait pas été invité. Il avait fustigé la faiblesse de l'engagement danois au Groenland et sur la sécurité arctique, qualifiant le Danemark de "mauvais allié".
Lars Løkke Rasmussen a dit espérer lever "certains malentendus" au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l'île aux Etats-Unis. "Nous continuerons de renforcer notre présence militaire au Groenland, mais nous allons également insister au sein de l'Otan sur davantage d'exercices et une présence accrue de l'Otan dans l'Arctique", a promis de son côté le ministre de la Défense danois dans un communiqué à l'AFP.
Donald Trump a accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu'il s'emparerait "d'une manière ou d'une autre" du territoire autonome danois. Le milliardaire républicain affirme que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique.
Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d'études sur les relations transatlantiques, la réunion pourrait tourner court si les Américains campent sur leur exigence d'obtenir le Groenland coûte que coûte. Mais, "s'il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente", estime-t-elle.
La cheffe de la diplomatie groenlandaise participera aux discussions. Les dirigeants groenlandais, comme le Danemark, s'opposent fermement aux projets de Donald Trump. "Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark", a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l'occasion d'un déplacement à Copenhague. "Le Groenland n'appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis", a-t-il martelé.
Le Danemark, membre de l'Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland face à la Russie et à la Chine. Copenhague rappelle avoir notamment investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d'euros) pour renforcer sa présence militaire dans l'Arctique.
Peu après la rencontre à la Maison Blanche, une délégation du Congrès américain - composée principalement de démocrates, mais aussi d'un républicain - se rendra à Copenhague pour exprimer sa solidarité avec le Danemark. "Les menaces continues du président Trump envers le Groenland sont inutiles et ne font qu'affaiblir notre alliance au sein de l'Otan", a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin, l'un des membres de cette délégation.
De son côté, la France a fait savoir mercredi qu'une violation de la souveraineté du Groenland entraînerait des "conséquences en cascade" qui "seraient inédites", a prévenu mercredi Emmanuel Macron en Conseil des ministres à l'endroit des Etats-Unis.
"Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland. Si la souveraineté d'un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites. Et la France suit la situation avec la plus grande attention et inscrira son action en pleine solidarité avec le Danemark et sa souveraineté", a dit le président français, selon les propos rapportés devant la presse par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Quelques heures plus tôt, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait rappelé sur RTL que "le Groenland n'est pas à vendre" et appelé à ce que "cesse le chantage américain". La France a aussi annoncé que son consulat au Groenland ouvrirait le 6 février. Paris, et plusieurs capitales européennes, ont exprimé leur soutien au Groenland et au Danemark dans une tribune publiée le 6 janvier.
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