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Hajj : quelles conditions sanitaires pour le pèlerinage de La Mecque ?

Dimanche 18 juillet commence le pèlerinage à La Mecque, un des cinq piliers de l’Islam. Pour la deuxième année consécutive, le hajj aura lieu en version réduite pour cause de crise sanitaire.

Les pèlerins musulmans à la Grande mosquée dans la ville de La Mecque le 29 août 2017, à la veille du pèlerinage annuel du Hajj.
Les pèlerins musulmans à la Grande mosquée dans la ville de La Mecque le 29 août 2017, à la veille du pèlerinage annuel du Hajj.
Crédit : KARIM SAHIB / AFP
Céline Morin & AFP

À partir du samedi 17 juillet, l’Arabie Saoudite accueillera les pèlerins pour le hajj qui débute le lendemain. Covid oblige, l’événement sera réservé à seulement 60.000 Saoudiens vaccinés

Les musulmans étrangers ne pourront donc pas participer à l’un des cinq piliers de l’islam auquel tout fidèle est tenu de pratiquer au moins une fois dans sa vie, dans la mesure de ses moyens. Les 60.000 élus ont été choisis parmi les 558.000 Saoudiens devaient respecter des critères stricts : être vacciné, avoir entre 18 et 65 ans et ne pas avoir de maladie chronique.  

Déjà l’an passé, le pèlerinage avait été soumis à une jauge sanitaire : seulement une dizaine de milliers de fidèles. À titre de comparaison, en 2019, ce sont près de 2,5 millions de pèlerins qui étaient venus des quatre coins de la planète. C’est d’ailleurs en s’appuyant sur les restrictions sanitaires très strictes mises en place que le gouvernement saoudien avait affirmé qu’aucune contamination n’avait été recensée au cours de l’édition 2020

Un pèlerinage limité aux seuls saoudiens

Ainsi, cette année, des "précautions sanitaires les plus strictes" seront de nouveau de mises pour le hajj annonçait début juillet le ministère du Hajj et de la Omra (petit pèlerinage qui peut être effectué tout au long de l’année) – d’autant avec les nouveaux variants tel que celui Delta. Depuis le début de la pandémie, on dénombre 503.000 cas officiels en Arabie Saoudite et 8.000 morts. Au total, ce sont 20 millions de doses qui ont été injectées sur une population de 34 millions d’habitants. 

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Des mesures de distanciation strictes sont donc prévues, mais pas seulement : une "carte électronique du hajj" a été mise en place par le ministère, permettant d’accéder aux campings et aux hôtels sans contact, ainsi qu’aux transports vers les sites du pèlerinage. Des robots devraient également distribuer des bouteilles d’eau sacrée. Autre modification : contrairement aux années précédentes, les fidèles ne pourront pas toucher la Kaaba, la structure cubique de La Mecque vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier. L’an passé, des clinique mobiles, ambulances, kits sanitaires avaient été instaurés, permettant aux pèlerins d’avoir accès à des cailloux stérilisés pour le rite de lapidation, du gel pour les mains, des masques et un tapis de prière. 

Être le pays qui accueille autant de pèlerins chaque année est un véritable honneur et une fierté pour les dirigeants saoudiens, qui puisent leur légitimité politique dans le titre de "Serviteur des deux saintes mosquées" (de La Mecque et de Médine) octroyé au roi. Pourtant, nombreux sont ceux qui regrettent la fermeture de cette édition 2021 au public étranger, rancœur que l’on retrouve chez ceux qui n’ont jamais pu y participer et qui économisent souvent depuis longtemps. Umar Karim, chercheur invité au Royal United Services Institute, en Grande-Bretagne, explique : "Le gouvernement saoudien veut jouer la carte de la sûreté en interdisant les pèlerins étrangers pour la deuxième année consécutive". 

Une manne économique non négligeable pour le pays

Seulement, "la frustration est en train de monter dans le monde musulman, ce qui pourrait (...) mener à une réduction du soft power religieux" de l'Arabie saoudite, continue-t-il. Umar Karim ajoute d’ailleurs que ces restrictions sont aussi "un désastre pour l'économie du hajj dans le monde entier". En effet, l’organisation du Hajj et de la Omra rapporte près de 13,3 milliards d’euros à l’Arabie Saoudite. Un bénéfice non-négligeable pour un pays qui tente de diversifier au maximum son économie et d’être moins dépendante du pétrole. 

Agences de voyages, compagnies aériennes, mais aussi coiffeurs ou vendeurs de souvenirs sur place : au total, des centaines de milliers d'emplois dépendent du Hajj et souffrent d'une restriction des pèlerins. Car en effet, ces dernières années, on assiste à une prolifération de la construction de centres commerciaux et hôtels de luxe, mais ces derniers restent désespérément vides depuis le début de la pandémie. 

Capital Economics, un cabinet de conseil en recherche économique explique : "La restriction du hajj cette année par le gouvernent saoudien va peser sur la reprise économique du royaume". Ajoutant que "le gouvernement est clairement inquiet que davantage de pèlerins puissent déclencher une recrudescence des cas de Covid-19 et importer des nouveaux variants, ce qui obligerait les autorités à renforcer les restrictions qui nuisent à l'économie".

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