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"Dubaï a la meilleure défense du monde antimissile" : comment Maeva Ghennam et les influenceurs ont changé de ton depuis le début de la guerre en Iran

Après la panique à Dubaï, à la suite de l'attaque des Émirats arabes unis par l'Iran, les influenceurs français ont changé de discours, assurant leur pleine confiance dans le gouvernement. Un patriotisme soudain qui pourrait être lié à la crainte de recevoir des amendes.

Maeva Gennham, à Dubaï

Crédit : Capture d'écran/Instagram

Juliette Vignaud

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Changement de discours. À Dubaï, les influenceurs français ont été contraints de revoir leur communication alarmiste autour de la guerre au Moyen-Orient, à la demande de la police. Depuis l'offensive israélo-américaine en Iran samedi 28 février et la riposte de Téhéran sur les pays du Golfe, missiles et drones iraniens ont commencé à pleuvoir au-dessus des gratte-ciels de la cité émiratie, réputée pour être la ville la plus sûre du monde. 

De quoi inquiéter les influenceurs, expatriés dans leur paradis doré pour des raisons fiscales notamment. Sur les réseaux sociaux, des dizaines de créateurs de contenu français, habitués à filmer leur quotidien, ont fait part de leur angoisse en direct. "Oh mon Dieu, il y a un missile au-dessus de chez moi. Je ne sais pas s'il faut fermer les vitres", a notamment déclaré Maeva Ghennam, ex-candidate des Marseillais, en filmant un projectile bien visible depuis son jardin.

La star de téléréalité s'est ensuite filmée, visiblement paniquée, cachant son passeport dans son soutien-gorge. "La France, protégez-nous !", s'est-elle exclamée, demandant un rapatriement en urgence. "Les influenceurs de Dubaï, finalement on est bien en France, n'est-ce pas ?", a raillé en réponse sur X Tibo InShape, drapeau tricolore à l’appui, provoquant une tempête de critiques.

"Nous avons choisi ce pays, nous le soutenons"

Passées les premières heures de panique, le ton a changé. Maeva Ghennam s'est dit "fière et heureuse" de vivre dans son pays d'adoption. "Nous, on n’a pas d’attentat, on ne se fait pas cambrioler... On ne regrette pas de s’être installé à Dubaï", a-t-elle ajouté, en réponse à ses détracteurs. 

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"Le gouvernement est exceptionnel, la flotte aérienne est exceptionnelle, malgré [le fait] qu’on ait peur on se sent quand même en sécurité", a également déclaré la candidate de téléréalité Laura Lempika, aux 2 millions d'abonnés sur Instagram. "On a la chance d'avoir une défense aérienne qui est l'une des meilleures au monde. C'est un peu stressant d'entendre ça, mais on n'en est pas à la troisième guerre mondiale non plus", a aussi souligné Manon Tanti, candidate de téléréalité, sur le plateau de W9. 

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Sur les réseaux sociaux, des créateurs de contenu, comme Caroline Receveur et Nabilla, ont relayé un message de solidarité envers leur pays d'adoption. "Nous avons choisi ce pays, nous le soutenons", peut-on lire sur une image de Dubaï, représentée avec le Burj Khalifa, le drapeau et le président émirati. 

"Cela nous montre juste que Dubaï est préparé, que Dubaï reste safe et que Dubaï a une meilleure défense du monde antimissile et anti drone", souligne de son côté, Laurent Correia, rassurant son million d'abonnés sur TikTok. L'influenceur, dit Laurent Billionnaire, a aussi utilisé ses enfants pour faire passer ce message. "On se sent en sécurité, tout va bien", a-t-il fait dire à son fils.

@aml2.74

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"Oui, c'est une guerre mais je me sens en sécurité et je fais confiance au gouvernement", a aussi déclaré Patrice Evra, l'ex-joueur de football. "Donc Dubaï : merci." 

Des amendes d'environ 47.000 euros

Un discours, aux allures de propagande, qui colle à celui des autorités locales, qui ont menacé de poursuites toute personne relayant des informations ou des vidéos sur les réseaux sociaux. Sur son compte X, la police de Dubaï a aussi rappelé qu'"il est interdit de diffuser des rumeurs, de fausses informations ou tout contenu qui contredit les annonces officielles ou qui pourrait provoquer la panique au sein de la population ou menacer la sécurité, l'ordre ou la santé publics". 

Et de préciser : "Les contrevenants s'exposent à des sanctions pénales, notamment à des peines d'emprisonnement et à des amendes d'au moins 200.000 AED", soit près de 47.000 euros. Le ministère de l’Intérieur a ajouté qu’il était également interdit de filmer les lieux de bombardements, au nom de la sécurité nationale.

Cette censure s'applique donc aux influenceurs français. "On ne peut pas communiquer, on a été avertis [...] Ici, on ne peut pas tout montrer ce qu’on voit de nos yeux, on ne peut pas poster ce qui pourrait affoler la population, on ne peut pas poster des choses qui pourraient créer la panique", raconte l'influenceuse Fidji Ruiz, évoquant donc des "choses dans le ciel". 

"Je vous avoue que je ne sais pas trop ce que j'ai le droit de dire, pas le droit de dire, droit de montrer, pas le droit de montrer. Donc je vais fermer ma bouche", a aussi déclaré Mélanie Dedigama, sur Instagram. L'influenceuse n'emploie d'ailleurs plus les mots "missiles" ou "bombes", préférant le terme "bruit".

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