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3 min de lecture
Carburant - pompe à essence. (Illustration)
Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP
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Les prix du pétrole s'envolent de nouveau jeudi après l'évocation par la Maison Blanche d'un blocus prolongé du détroit d'Ormuz, le baril de Brent se renchérissant de 5% et s'approchant des 125 dollars. Après avoir atteint mercredi des niveaux sans précédent depuis mi-2022 et l'invasion russe de l'Ukraine, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s'est encore envolé de 7% jeudi, atteignant vers 4h45 125,60 dollars.
C'est le double de son cours avant l'attaque lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, laquelle a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et dont les répercussions se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale. Si les armes se sont tues depuis un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, le détroit d'Ormuz, par lequel transitait naguère un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, reste soumis à un double blocus iranien et américain.
Cette nouvelle flambée intervient après qu'un haut responsable américain a indiqué mercredi que la Maison Blanche envisageait de "poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire". "Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements", a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios.
Au total, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu'ils tentaient de "violer le blocus" et 41 tankers ne peuvent pas quitter l'Iran, selon l'amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, qui a jugé le blocus "hautement efficace". Le marché pétrolier s'est encore emballé jeudi à la publication d'un article du média Axios affirmant que Donald Trump devait être briefé jeudi par l'armée sur de possibles nouvelles actions militaires contre l'Iran.
Lors d'un entretien téléphonique, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les "conséquences dommageables" qu'aurait une nouvelle action militaire contre l'Iran, "non seulement pour l'Iran et ses voisins, mais aussi pour l'ensemble de la communauté internationale". "Les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n'émerge", ont relevé les experts du cabinet DNB, disant redouter une "impasse prolongée" alors que les pourparlers sont au point mort.
Les Etats-Unis veulent "activer la pression économique et les divisions internes (...) pour nous affaiblir ou même nous faire nous effondrer de l'intérieur", a accusé le puissant président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. Alors que ne se dessine aucune issue au conflit, le ministre américain de la Défense a eu droit mercredi à une volée de bois vert lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit.
"Catastrophe géopolitique", "désastre stratégique", "incompétence", "blessure auto-infligée", "bourbier" et autres mensonges... les députés américains n'ont pas ménagé Pete Hegseth. Le chef du Pentagone a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars jusqu'à présent, la justifiant par une question: "Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire?"
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