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150 retraités pensaient investir dans un domaine viticole d'exception et ont finalement tout perdu : le procès des anciens propriétaires s'ouvre ce jeudi

Accusés d'escroquerie et d'abus de confiance, les deux anciens propriétaires du domaine viticole du Château Belmar sont jugés au tribunal du Mans ce jeudi 30 avril 2026. Retour sur une histoire de grand cru qui a finalement tourné au vinaigre.

Des vignes dans le Var (illustration).

Crédit : MOIRENC Camille / hemis.fr / hemis.fr / Hemis via AFP

Ouverture du procès du domaine du Château Belmar : plus de 150 victimes et 7 millions d'euros détournés

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Ouverture du procès du domaine du Château Belmar : plus de 150 victimes et 7 millions d'euros détournés

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Cindy Hubert & La rédaction numérique de RTL

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C'est l'histoire d'un rêve qui finit mal. Celui de 150 retraités de toute la France qui ont investi leurs économies dans un domaine pour un vin d'exception : le "Château Belmar", appelé à devenir l'un des meilleurs de France. Le rêve se termine ce jeudi 30 avril 2026 au tribunal du Mans, où sont jugés les deux anciens propriétaires du domaine. Le couple comparaît pour escroquerie, usage de faux, blanchiment et fraude fiscale.

Mais que s'est-il passé ? Tout commence par un fabuleux projet sur le papier, qui voit le jour en 2016 : lancer un domaine viticole de zéro sur un terrain en friche dans la Sarthe. Sur les parcelles, du chardonnay et un peu de pinot noir. En réalité, une arnaque bien ficelée. 

Tout partait pourtant bien

Grégory Roussel et sa femme misent sur des terres bénies des dieux selon l'étude des sols, c'est ce qu'il explique à l'époque dans un reportage de France 3. "On avait des sols typiques de grands crus de Bourgogne. Moi j'ai mis le braquet du haut de gamme", peut-on l'entendre dire.

"Château Belmar, un placement qui se bonifie avec le temps", peut-on également lire en pleine page dans des revues spécialisées dans l'investissement. Beaucoup tombent alors dessus dans la salle d'attente de leur notaire. Surtout qu'un groupement viticole financier, c'est très avantageux fiscalement. 150 retraités deviennent alors "associés" Belmar. 
 
Des vignes sont réellement plantées Cindy, des salariés recrutés… Le premier millésime de 2019 reçoit même la note de 93 sur 100 par le meilleur sommelier du monde. 

"Il serait capable de vendre la Tour Eiffel plusieurs fois"

Comme les autres investisseurs, Jacques est invité sur place lors d'assemblées générales. Il se souvient du propriétaire qui arpente le domaine avec ses mocassins rouges, au micro de RTL. "Je pense qu'il serait capable de vendre la Tour Eiffel plusieurs fois", tonne-t-il, avant de décrypter ses manœuvres. 

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À la manière d'un "gourou", il essayait d'en "mettre plein la vue", selon lui. "Il remerciait tout le monde, car c'était grâce à eux qu'il réussissait. Ce qui n'est pas tout à fait faux, puisque c'est grâce à eux qu'il a pu s'en mettre plein les poches."

Le couple voit toujours plus grand… mais les comptes ne sont jamais publiés. En 2022, le fisc, puis la justice, finissent par s'en mêler. C'est là que le rêve s'effondre, les investigations révèlent que l'argent a permis d'alimenter des sociétés dont ils étaient les seuls bénéficiaires et de financer le train de vie des propriétaires (Ferrari, Porsche, biens immobiliers).

La justice estime que 7 millions d'euros ont été détournées. Jeanne a perdu 200 000 euros, soit ce qu'elle souhaitait léguer à son fils. "Il ne vous reste plus que vos yeux pour pleurer. C'est une escroquerie monumentale", regrette-t-elle.

"Il n'a jamais voulu escroquer la moindre personne"

Les enquêteurs découvrent également que le couple est déjà connu de la justice : 3 condamnations pour Madame, 7 pour Grégory Roussel, notamment pour tentatives d'escroquerie. La dernière remonte à 2016, pour une histoire de faux cognac vendu aux enchères. Dans notre affaire, l'ex-propriétaire conteste tout enrichissement personnel. 

"Le montage qui lui a été proposé n'était pas adapté. Il n'a jamais voulu escroquer la moindre personne. C'est surtout quelqu'un qui a eu un rêve. Au vu de l'ensemble des travaux réalisés, des investissements de matériel, s'il n'y avait pas cru, ce serait un véritable illuminé", justifie l'avocat de Grégory Russel, Maître Fabien Guillot, à notre micro.

L'exploitation est placée en liquidation judiciaire en janvier dernier. Aujourd'hui, le matériel a été saisi par la justice. Le château et les terres sont en vente. Tout cela servira à rembourser en priorité les parties civiles qui seront nombreuses au tribunal ce jeudi matin. 

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