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Une salle de cinéma (illustration)
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Et si regarder un film en vitesse normale devenait bientôt l’exception ? Une tendance, de plus en plus répandue chez les jeunes, consiste à accélérer les vidéos… y compris les longs-métrages. Une pratique qui interroge, au point de s’inviter désormais dans les salles obscures.
Au Québec, les organisateurs des Rendez-vous Québec Cinéma ont récemment fait un pari audacieux : proposer la diffusion d’un film en version accélérée. Un long-métrage initialement prévu pour durer 1h40 a ainsi été ramené à un peu plus d’une heure.
L’objectif : attirer un public plus jeune, habitué à consommer des contenus rapides, et surtout lancer le débat sur nos nouvelles façons de regarder le cinéma.
Car derrière cette initiative, une réalité s’impose. À l’ère des réseaux sociaux, où les vidéos s’enchaînent à toute vitesse, l’attention des spectateurs (notamment chez les 14-29 ans) est de plus en plus fragmentée. Certains reconnaissent même ne plus regarder un film sans consulter leur téléphone ou faire autre chose en parallèle.
Mais cette adaptation ne fait pas l’unanimité. Plusieurs professionnels du cinéma dénoncent une dérive. Pour eux, accélérer un film revient à en altérer le rythme, l’intention, voire l’émotion. Autrement dit, à transformer une œuvre en simple contenu à consommer rapidement. Au-delà du débat artistique, la question est aussi scientifique. Des chercheurs s’intéressent aux effets de ces vidéos accélérées sur notre cerveau.
Si une légère augmentation de la vitesse (autour de 1,5x) ne semble pas nuire à la compréhension, des rythmes plus élevés entraînent en revanche une baisse significative de la mémorisation. En cause : la disparition des pauses naturelles dans le discours, essentielles pour assimiler l’information.
En France, le phénomène est déjà bien installé… mais de manière plus discrète. Sur des plateformes comme YouTube, Netflix ou TikTok, il est possible d’accélérer les contenus en quelques secondes.
Et de nombreux utilisateurs y ont recours. Plus surprenant encore : à la télévision, les films sont déjà légèrement accélérés. Une contrainte technique liée aux normes de diffusion (25 images par seconde contre 24 au cinéma) qui raccourcit mécaniquement la durée des œuvres. Résultat : quelques minutes gagnées… et parfois davantage de place pour les coupures publicitaires.
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