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"L'incohérence de Trump" et "l'arrogance" de Téhéran sont les deux obstacles pour la paix, estime Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël

Gérard Araud estime que l’impasse entre Washington et Téhéran s’explique par les contradictions de Donald Trump et la stratégie de fermeté de l’Iran. L’ancien ambassadeur souligne aussi les divisions internes du pouvoir iranien, qui compliquent encore la perspective d’un compromis.

Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël sur RTL le 23 avril 2026.

Crédit : RTL

Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël : "L'incohérence de Trump" et "l'arrogance" de Téhéran sont les deux obstacles pour la paix

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Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël : "L'incohérence de Trump" et "l'arrogance" de Téhéran sont les deux obstacles pour la paix

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Céline Landreau & Eléonore Aparicio

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Malgré la prolongation du cessez-le-feu annoncée mercredi 22 avril par Donald Trump, les discussions entre les États-Unis et l’Iran n’ont toujours pas repris de manière concrète. Les deux camps restent profondément opposés sur les conditions d’un retour à la table des négociations. Washington maintient en effet le blocus, tandis que Téhéran en fait une exigence préalable, estimant qu’aucun dialogue sérieux ne peut s’engager sans sa levée.


Invité sur RTL, Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël estime que deux obstacles majeurs empêchent aujourd’hui toute avancée vers un accord entre Washington et Téhéran : d’un côté, "l’incohérence de Donald Trump", de l’autre, la tentation iranienne de "surjouer ses cartes". 

L'auteur du livre Leçons de diplomatie - La France face au monde qui vient, publié aux éditions Tallandier décrit un Donald Trump capable de multiplier les déclarations contradictoires et les formules brutales, au risque de compromettre toute discussion sérieuse. "S’il y a un élément très important dans toute négociation, mais en particulier avec l’Iran, c’est de ne pas insulter l’autre", souligne-t-il. Or, lorsque Donald Trump évoque publiquement une capitulation iranienne ou affirme que Téhéran devra accepter toutes les conditions américaines, cela provoque, selon lui, un durcissement immédiat du pouvoir iranien.

“Les Iraniens, je les connais bien, ils ont une certaine arrogance quasiment française”

Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et en Israël

Gérard Araud met aussi en garde contre l’attitude de Téhéran. À ses yeux, les dirigeants iraniens sont convaincus d’avoir pris l’avantage dans le rapport de force, notamment grâce à leur capacité de nuisance sur le détroit d’Ormuz et, au-delà, sur l’économie mondiale. "Les Iraniens, je les connais bien, ils ont une certaine arrogance quasiment française", affirme-t-il. Cette confiance peut les conduire, selon lui, à demander trop et à retarder un compromis.

L’ancien ambassadeur décrit ainsi une situation de blocage, dans laquelle chaque camp pense avoir le temps pour lui. Les États-Unis conservent une supériorité militaire, mais l’Iran dispose d’un levier stratégique majeur avec Ormuz. Résultat : ni Washington ni Téhéran ne semblent prêts, à ce stade, à faire les concessions nécessaires. 

"Pour négocier à la fin d'une guerre, il faut qu'il y ait d'un côté un vainqueur et de l'autre un vaincu, que le premier domine sa victoire et que le second accepte sa défaite. Nous sommes dans une situation paradoxale où les deux ennemis pensent qu'ils ont gagné la guerre", explique-t-il.

La fragilité du pouvoir iranien

Gérard Araud souligne aussi la fragilité du pouvoir iranien, qu’il présente comme un frein majeur à toute sortie de crise. "À Téhéran, en général, l’arbitre, c’était le guide suprême", rappelle-t-il, avant de constater qu'"il n’y a plus de guide suprême" pleinement en mesure d’exercer ce rôle. 

Dans ce vide relatif au sommet de l’État, l’ancien ambassadeur décrit "des luttes" internes entre plusieurs centres de pouvoir. Il cite notamment "les gardiens de la révolution, qui sont les plus radicaux", face "au clergé", "aux bureaucrates" ou encore "aux militaires". Résultat, explique-t-il, "toute décision importante doit être l’objet d’un arbitrage assez difficile". 

Pour l'ancien ambassadeur, cette fragmentation complique la négociation avec Washington. Un pouvoir divisé hésite davantage à faire des concessions, au risque d’apparaître affaibli. Cette fragilité institutionnelle contribue donc, selon lui, à rendre la position iranienne plus dure et plus incertaine.

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