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"Une forme d’indécence" : face aux bénéfices de TotalEnergies, Olivier Faure appelle sur RTL à "taxer les superprofits" pétroliers

TotalEnergies a annoncé des bénéfices nets en hausse de 51% sur un an, dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La gauche dénonce des "profiteurs de guerre" tandis que le gouvernement évoque une possible taxation. Invité de RTL Matin ce jeudi 30 avril, Olivier Faure défend une proposition de loi pour taxer ces superprofits et appelle à une redistribution plus juste.

Olivier Faure, le 30 avril 2026 sur RTL

Crédit : RTL

Olivier Faure sur les superprofits de TotalEnergies : "Une forme d'indécence"

00:10:53

Thomas Sotto

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Pour Olivier Faure, invité de RTL Matin ce jeudi 30 avril, le contexte dans lequel les profits de TotalEnergies sont réalisés pose un problème moral autant que politique. Le premier secrétaire du Parti socialiste a directement pointé les conséquences économiques du conflit en cours au Moyen-Orient.

"La guerre au Moyen-Orient est profitable à Total. Comment imaginer qu’une entreprise tire les profits d’une guerre illégale menée par Donald Trump ? C’est indécent de tirer du profit des gens qui souffrent", a-t-il dénoncé.

Dans son analyse, ces bénéfices exceptionnels ne reposent sur aucun effort particulier de l’entreprise : "Quand on profite de la guerre et qu’on n’a rien fait de particulier, c’est indécent. Rien ne justifie qu’ils gagnent davantage d’argent. Qu’est-ce qu’ils ont fait de plus que d’habitude ?".

Taxer les profits au-delà de la normale

Face à cette situation, Olivier Faure a défendu une réponse législative claire. Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi visant à taxer les superprofits des grandes entreprises.

"C’est la proposition de loi qui vise à taxer les superprofits aux très grosses entreprises. On regarde ce qu’était le bénéfice habituel, et quand ils dépassent cette moyenne, eh bien là ils sont taxés à 20, 30, 40 %", a-t-il expliqué

Selon lui, cette mesure relève de "l’intérêt général" et pourrait être adoptée sans difficulté. Les recettes générées permettraient notamment de financer des aides ciblées pour les travailleurs les plus exposés à la hausse des prix du carburant.

"Dans ma circonscription, les gens font la navette entre Paris et la grande couronne, il faut qu’ils soient aidés", a-t-il insisté, citant aussi les taxis, les aides à domicile ou encore les infirmières.

Pouvoir d’achat : "les salariés tirent la langue"

Au-delà de la question des profits, Olivier Faure a alerté sur la situation des ménages. Selon lui, la hausse des revenus ne compense pas l’augmentation des dépenses contraintes.

"Le pouvoir d’achat augmente, alors que le reste à vivre diminue après le paiement de toutes les contraintes. Il faut comprendre que les salariés aujourd’hui tirent la langue", a-t-il affirmé.

Dans ce contexte, il a plaidé pour des politiques publiques plus ciblées plutôt que des mesures générales.

"Aucun risque" de fuite des entreprises

Face aux critiques sur une possible fuite des grandes entreprises à l’étranger, le patron du PS s'est voulu rassurant. 

"Moi je crois au civisme, c’est une entreprise française Total. Je n’imagine pas que les grands patrons vont partir s’installer à l’étranger. Il y a beaucoup de cinéma autour de tout ça, il n’y a aucun risque que Total parte" a-t-il tranché.

Il a estimé que les efforts demandés aux entreprises sont légitimes dans un contexte de crise : "Quand le pays va mal, il faut accepter une indexation de leur superprofit."

Des mesures jugées encore insuffisantes

TotalEnergies a déjà mis en place un plafonnement de ses prix à la pompe, une initiative jugée insuffisante par Olivier Faure.

"Non, pas suffisant parce qu’ils ont fait des bénéfices extraordinaires. Ils ont été habiles en achetant tôt des flux de pétrole avant la hausse", a-t-il analysé.

Quant à une baisse des taxes sur les carburants, comme cela avait été fait par le passé, il a évoqué des contraintes budgétaires fortes. "On peut installer un bouclier tarifaire qui coûte des milliards, mais on est loin d’avoir cette capacité. On a des mesures d’ordre général, or il faut des aides ciblées", a-t-il souligné, appelant à amplifier les dispositifs existants.

Enfin, Olivier Faure a alerté sur les répercussions durables du conflit au Moyen-Orient, en particulier pour les populations les plus fragiles. "Les conséquences vont être terribles de ce conflit, d’abord en direction de ceux qui en ont vraiment besoin" a-t-il conclu.

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