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Grève du 5 décembre : comment fait-on la grève aux États-Unis ?

ÉCLAIRAGE - Aux États-Unis, le droit de grève existe, mais la manière de procéder des syndicats est différente que celle adoptée France. Différente, mais pas moins efficace.

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Un Air d'Amérique du 5 décembre 2019 Crédit Image : JEFF KOWALSKY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Philippe Corbé
Philippe Corbé
édité par Noé Blouin

La grève de ce jeudi 5 décembre est perçue avec étonnement aux États-Unis. Le système de retraites est différent outre-Atlantique, de nombreux septuagénaires doivent travailler. Mais pour rester sur cette journée de grève, voici ce qu’on peut lire dans le Washington Post : dans les autres pays, quand vous êtes mécontents, vous avez des élections. "En France", "quand vous êtes mécontents, vous descendez dans la rue. Et vous avez le symbole de la barricade. Vous n’utilisez pas l’urne électorale mais le pavé, que vous allez lancer comme un symbole".

Vu des États-Unis, cette mobilisation est difficile à comprendre. Beaucoup d’Américains rêveraient d'avoir un système de retraites comparable à la France. Chez  l'Oncle Sam, la population n'a pas du tout la culture de la manifestation syndicale. Il y en a eu dans le passé, mais ce qu’on voit plutôt, ce sont des rassemblements de salariés devant le siège d’une entreprise.

Les grévistes tournent en rond avec des pancartes, parfois pendant des semaines. Vu de France, cela peut sembler un peu naïf, mais il y a aussi des grèves. Il y a eu, par exemple, cet automne une grève de 40 jours dans les usines automobiles de General Motors. 48.000 grévistes. Elle ne portait pas sur les retraites mais notamment sur la couverture santé qui, là-bas, dépend des entreprises.

Des syndicats puissants

D’ailleurs, il ne faudrait pas croire que dans la plus grande puissance capitaliste du monde il n’y a pas de syndicats. Environ 10% des salariés sont syndiqués, c’est deux fois moins qu’il y a 40 ans, mais les syndicats gardent un certain poids, par exemple dans les combats pour une augmentation du salaire minimum, ils ont obtenu des victoires dans des états très peuplés, comme la Californie ou New York.
Et ils sont puissants politiquement. C’est peut-être même eux qui auront un poids décisif dans la prochaine primaire présidentielle. Plusieurs candidats démocrates, ces derniers mois, courtisent les syndicats, en Pennsylvanie, dans l’Iowa. Joe Biden, qui est en tête des sondages a beaucoup misé là-dessus. Son premier déplacement de campagne, à Pittsburgh, au printemps, c’était dans un local syndical. Donc il ne faudrait pas croire que les syndicats n’ont pas de poids aux États-Unis.

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Mais ils ne mènent pas le type d’actions que les Français, ce n’est pas la culture outre-Atlantique, d’ailleurs ce n’est pas la culture de la plupart des pays occidentaux. C’est la France qui est l’exception en ce domaine. Mais je vais vous donner un exemple : au début de l’année, le président Trump a engagé un bras de fer budgétaire, il a décidé de paralyser l’état fédéral pendant 35 jours pour obtenir un financement de son mur. Le plus long "shutdown" de l’histoire. Tout a basculé un jour quand des milliers d’employés des contrôles dans les aéroports ont quitté le travail, soutenus par le syndicat des transports. En quelques heures, Trump cédait, tout était terminé.

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