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Français arrêtés en Iran : qu’est-ce que la "diplomatie des otages" pratiquée par Téhéran ?

ÉCLAIRAGE - En incarcérant des ressortissants étrangers, Téhéran tenterait de faire pression dans les négociations, notamment sur le dossier du nucléaire iranien.

La ville de Téhéran, en Iran.
La ville de Téhéran, en Iran.
Crédit : AFP
Thomas Pierre & AFP

La stratégie n'est pas nouvelle. Dans le cadre de sa "diplomatie des otages", l'Iran est accusé de détenir des étrangers, majoritairement binationaux, pour tenter par ce biais d'arracher des concessions de l'Occident sur des dossiers sensibles en cours. Cette tactique, qui a toujours été démentie par Téhéran, a refait parler d'elle jeudi 12 mai après l'arrestation, jugée "sans fondement" par Paris, de deux Français en Iran et dont les circonstances restent à ce stade encore floues.

Mise en œuvre par l'Iran depuis la création de la République islamique de 1979, cette stratégie s'est traduite par l'arrestation de dizaines d'étrangers ou de ressortissants binationaux. En prison ou en résidence surveillée, les détenus font l'objet d'accusations que leurs familles et les ONG jugent absurdes, comme espionnage ou atteinte à la sécurité de l'État.

Parmi eux, le Français Benjamin Brière condamné en janvier à huit ans et huit mois de prison pour "espionnage" et "propagande" contre le régime. Celui qui s'est toujours présenté comme un touriste, avait été arrêté en mai 2020 pour avoir pris "des photographies de zones interdites" avec un drone de loisir dans un parc naturel en Iran

Évoquant son cas et celui de Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne détenue en Iran, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait affirmé en janvier tout faire pour que "les otages, il faut appeler les choses comme cela", soient libérés.

Des ressortissants binationaux

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Selon les défenseurs des droits de l'homme, le régime iranien tente par ces incarcérations reposant selon eux sur des charges fictives de faire pression dans les négociations sur le dossier du nucléaire iranien ou obtenir la libération de prisonniers iraniens. Des accusations balayées par Téhéran qui assure que ces prisonniers sont détenus selon une procédure judiciaire indépendante, sans intervention gouvernementale.

"Généralement, l'Iran arrête des ressortissants binationaux (le pays ne reconnaît pas la double nationalité, ndlr), donc ça lui permet d'arrêter ces personnes sans que ces dernières puissent bénéficier de l'aide consulaire", relève un bon connaisseur du dossier. "Ces arrestations obéissent selon l'Iran officiellement à un schéma d'une arrestation et d'une détention classiques", ajoute-t-il. 

Une stratégie d'État

"Par rapport à un groupe terroriste qui va demander une rançon, on est dans une logique beaucoup moins assumée parce qu'elle s'intègre dans la diplomatie d'un État". Et cette stratégie n'est pas récente. En 1979, une partie du personnel de l'ambassade américaine avait été retenue pendant 444 jours.

En 2009, la libération de l'étudiante française Clotilde Reiss avait été rapidement suivie de celle d'Ali Vakili Rad, un Iranien condamné à Paris en 1991 pour le meurtre de l'ancien Premier ministre Shapour Bakhtiar. Paris avait alors réfuté tout lien de cause à effet. D'autres cas sont encore plus sensibles comme celui d'Ahmadreza Djalali, chercheur irano-suédois condamné à mort pour espionnage et dont la famille craint l'exécution imminente.

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