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Explosions à Beyrouth : un an après la visite de Macron, un Liban toujours en proie au chaos politique

ÉCLAIRAGE - Ce 4 août, un an après l'explosion du port de Beyrouth, Emmanuel Macron réitérera ses efforts pour tenter de juguler le chaos politique et économique auquel fait encore face le Liban.

Emmanuel Macron, entouré de militaires libanais, sur le site de la double explosion de Beyrouth, le jeudi 6 août 2020.
Emmanuel Macron, entouré de militaires libanais, sur le site de la double explosion de Beyrouth, le jeudi 6 août 2020.
Crédit : Thibault Camus / POOL / AFP
Thomas Pierre & AFP

Un an déjà. Le 4 août 2020, une explosion détruisait le port de Beyrouth et dévastait des quartiers entiers de la capitale. L'énorme déflagration avait été déclenchée par un incendie dans un entrepôt qui abritait des tonnes de nitrate d'ammonium stockées "sans mesures de précaution", de l'aveu même des autorités. La tragédie avait fait plus de 200 morts et 6.500 blessés.

Deux jours plus tard, Emmanuel Macron se rendait sur place pour organiser une aide internationale et sommer les dirigeants du pays au Cèdre de prendre leur responsabilité en effectuant de "profonds changements" politiques. Il est applaudi en pleine rue par des Libanais exaspérés par leurs dirigeants qu'ils accusaient de corruption et d'incompétence.

Ce mercredi 4 août, exactement un an après la catastrophe, le président français réitérera ses efforts pour tenter de juguler le chaos politique et économique auquel fait face le Liban. Un pays toujours marqué par une dépréciation inédite de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs, des pénuries et des restrictions bancaires drastiques.

Un an de chaos politique

Dès le lendemain de la visite du président français, le président libanais Michel Aoun rejette toute enquête internationale, avant que quelque 250 millions d'euros d'aide ne soient collectés lors d'une visioconférence co-organisée par la France et l'ONU. La communauté internationale exige alors que son aide soit "directement" distribuée à la population et qu'une enquête "transparente" soit menée.

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Sous la pression de la rue, Hassan Diab annonce la démission de son gouvernement le 10 août. Le 31, le Liban se dote d'un nouveau Premier ministre, Moustapha Adib, quelques heures avant l'arrivée d'Emmanuel Macron pour sa deuxième visite depuis l'explosion.

Le 1er septembre, le président français annonce avoir obtenu l'engagement des dirigeants libanais à favoriser la formation d'un gouvernement chargé de lancer des réformes et ainsi débloquer l'aide internationale. Mais le 26, Moustapha Adib jette l'éponge, sur fond d'insistance de deux partis chiites, Hezbollah et Amal, d'obtenir le portefeuille des Finances. "J'ai honte" pour les dirigeants libanais, déclare Emmanuel Macron.

Saad Hariri de nouveau Premier ministre

Le 22 octobre, Saad Hariri, déjà trois fois Premier ministre, est à nouveau désigné à ce poste, promettant un gouvernement d'experts pour enrayer l'effondrement économique.

Le 2 décembre, lors d'une deuxième conférence d'aide, Emmanuel Macron et les représentants de la communauté internationale renouvellent leur volonté d'aider le Liban mais constatent le défaut des conditions d'une aide massive et structurelle, dont la création d'un gouvernement. Emmanuel Macron souligne que les promesses des donateurs du 9 août ont "été tenues et même dépassées: plus de 280 millions d'euros ont été donnés, ce qui a permis de faire face à une partie importante des besoins immédiats".

"Des ingérences politiques flagrantes"

Le 10 décembre, le juge Fadi Sawan chargé de l'enquête sur l'explosion inculpe le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab et trois anciens ministres. Une semaine plus tard, l'enquête est suspendue, deux ministres accusés ayant réclamé la récusation du magistrat.

Le 18 février 2021, la cour de Cassation récuse Fadi Sawan. Le juge Tareq Bitar est nommé pour mener l'enquête. Le 15 juin, une cinquantaine d'ONG réclament une enquête de l'ONU, évoquant notamment "des ingérences politiques flagrantes, l'immunité des hauts responsables politiques, le manque de respect des normes d'un procès équitable".

Début juillet, le juge Bitar annonce son intention d'interroger Hassan Diab et demande au Parlement de lever l'immunité de trois députés ayant occupé des postes ministériels "en vue d'intenter des poursuites pour potentielle intention d'homicide" et "négligence et manquements". Le Parlement réclame des "preuves" supplémentaires, ce que le juge refuse.

Nouvelle conférence le 4 août

Le 16 juillet, la France annonce la tenue le 4 août, avec l'appui des Nations unies, d'une nouvelle conférence internationale "destinée à répondre aux besoins des Libanais dont la situation se détériore chaque jour". 

L'annonce intervient au lendemain du renoncement de Saad Hariri à former un gouvernement, après des mois de négociations infructueuses. Il a été remplacé le 26 juillet au poste de Premier ministre par Najib Mikati. Force est de constater qu'un an après la catastrophe, le Liban est toujours en prise avec ses démons. 

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