2 min de lecture Justice

États-Unis : le caissier à l'origine de l'arrestation de George Floyd raconte sa culpabilité

Dans le cadre du procès pour le meurtre de George Floyd, tué par un policier le 25 mai 2020, l'un des témoins, un jeune caissier de 19 ans, a exprimé ses regrets. "Tout ça aurait pu être évité" a-t-il estimé, sous le coup de l'émotion.

Christopher Martin, un jeune homme noir de 19 ans, a expliqué aux jurés regretter d'avoir accepté le faux billet que lui tendait George Floyd, le 25 mai dans la grande ville du nord des Etats-Unis, ce qui a conduit la police à intervenir.
Christopher Martin, un jeune homme noir de 19 ans, a expliqué aux jurés regretter d'avoir accepté le faux billet que lui tendait George Floyd, le 25 mai dans la grande ville du nord des Etats-Unis, ce qui a conduit la police à intervenir. Crédit : POOL VIA COURT TV / AFP
Charline Vergne et AFP

Un jeune caissier, empli d'un sentiment de "culpabilité", se trouvait parmi les témoins auditionnés ce mercredi 31 mars, à Minneapolis, aux États-Unis, dans le cadre du procès pour le meurtre de George Floyd.

Prénommé Christopher Martin, il a expliqué aux jurés avoir des remords. Le jeune homme regrette d'avoir accepté le faux billet tendu par George Floyd, le 25 mai 2020.
En effet, c'est cet événement qui a déclenché l'intervention policière qui a causé sa mort.

Ce jour-là, le jeune homme noir, âgé de 19 ans, tenait la caisse de l'épicerie Cup Foods, lorsqu'il a remarqué le quadragénaire noir "parce qu'il était grand" (environ deux mètres, NDLR). Tous deux échangent brièvement, puis George Floyd achète un paquet de cigarettes avec un billet de vingt dollars. "J'ai vu un pigment bleu (...), j'ai trouvé ça bizarre et j'ai pensé qu'il était faux", précise le jeune homme, visiblement nerveux, lors de son audition.

"Tout ça aurait pu être évité"

Le jeune employé explique qu'après avoir accepté le billet, il est allé en parler à son responsable, qui lui a ordonné de faire revenir le client dans la supérette. Ce dernier se trouvait alors dans un véhicule, garé à proximité du commerce. Christopher Martin et ses collègues sont allés le voir, mais n'ont pas réussi à le convaincre de revenir payer. C'est à ce moment-là, que l'un des employés a pris la décision d'appeler la police.

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La suite, on la connait : deux agents ont pointé une arme sur George Floyd pour qu'il sorte de la voiture. Ils l'ont ensuite menotté, avant de le conduire en direction de leur propre véhicule. Peu après, il a été plaqué au sol, avant qu'un des agents, un dénommé Derek Chauvin, ne s'agenouille sur son cou, et y demeure, malgré les supplications du quadragénaire. "Je ne peux pas respirer", a-t-il répété, une vingtaine de fois, avant de mourir.

Le verdict de l'affaire rendu fin avril ou début mai

Sur une vidéo présentée à l'audience, on distingue clairement le jeune Christopher Martin, sorti du magasin pour assister à la scène, visiblement effaré. Lorsqu'on lui demande de décrire ce qu'il a ressenti à ce moment-là, le garçon, sous le coup de l'émotion, souffle : "de l'incrédulité et de la culpabilité". 

Il a ensuite ajouté avoir quitté son emploi chez Cup Foods peu de temps après les faits, car il "ne se sentait pas en sécurité", comme le rapporte le Guardian.

Eric Nelson, l'avocat du policier blanc accusé du meurtre, a demandé avec insistance au jeune homme, lors du contre-interrogatoire, de parler de l'attitude peu cohérente de George Floyd, à l'occasion de leur court échange à la supérette. Christopher Martin a reconnu que le quadragénaire s'exprimait difficilement. Selon lui, il était sans doute "sous l'influence" de drogues ou d'alcool. Mais, a-t-il, précisé, il l'a jugé "sympathique", pas agressif.

Dans cette affaire, les jurés devraient rendre leur verdict à la fin du mois d'avril, ou début mai. Les trois autres policiers impliqués, Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, seront jugés en août. Ils sont accusés de "complicité de meurtre".

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