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États-Unis : la Cour suprême donne raison à une lycéenne pom-pom girl

Une pom-pom girl avait été sanctionnée après avoir insulté son école sur internet. Ses parents avait contesté, et l'affaire était remontée jusqu'à la Cour suprême.

Photo de la Cour suprême des États-Unis prise à Washington DC, le 22 juin 2021.
Photo de la Cour suprême des États-Unis prise à Washington DC, le 22 juin 2021.
Crédit : ANNA MONEYMAKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
États-Unis : une pom-pom gril obtient gain de cause devant la Cour suprême
04:17
Lionel Gendron - édité par Camille Guesdon

Une décision symbolique pour la liberté d'expression des adolescents, notamment sur les réseaux sociaux, est attendue ce jeudi 24 juin aux États-Unis. Une pom-pom girl avait été sanctionnée après avoir insulté son école sur internet. Ses parents ont contesté, et l'affaire est remontée jusqu'à la Cour suprême.

Selon la Cour suprême, l'établissement scolaire n'avait pas à sanctionner l'adolescente, au nom de la liberté d'expression, même si elle a apporté quelques nuances. Les faits se sont déroulés en 2017, et Brandy alors âgée de 14 ans n'est pas retenue dans l'équipe A, c'est-à-dire l'équipe des élites pom-pom girl. Elle n'apprécie pas du tout. Le week-end suivant, elle publie une série d'insultes sur l'application Snapchat en utilisant à plusieurs reprises ce que les Américains appellent le "f-word", c'est-à-dire "fuck". Elle publie donc des "f-l'école", "f-les pom-pom girls"... et le tout accompagné d'un doigt levé.

Sur Snapchat les messages sont temporaires, mais celui de Brandy parvient jusqu'aux oreilles de l'entraîneur qui l'écarte des terrains de sport pour un an. Cette décision est injuste selon l'adolescente et ses parents qui saisissent la justice au nom du premier amendement, sur la liberté d'expression. Les tribunaux donnent raison aux plaignants et c'est donc remonté jusqu'à la Cour suprême.

Les jeunes Américains peuvent-ils tout dire au nom de la liberté d'expression ?

Les jeunes Américains ne peuvent pas tout dire au nom de la liberté d'expression. L'arrêt est compliqué à comprendre parce qu'il laisse pas mal d'interprétation. La Cour estime que les écoles publiques sont le berceau de la démocratie et qu'il peut y avoir des échanges d'idées, même impopulaires, même si l'école, selon les sages, devrait faire attention à ce que les élèves apprennent les bonnes manières.

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Le concept d'échange d'idées quand il s'agit d'une série d'insultes est discutable. Mais c'est vrai que si les adolescents ont le sentiment qu'ils peuvent être sanctionnés au moindre échange tendu sur les réseaux sociaux, ça donnerait un système aussi dur. La Cour a cette phrase pour résumer sa position : "Parfois il est nécessaire de protéger le superflu pour préserver le nécessaire". 

En revanche, la Cour suprême contredit le tribunal inférieur, en l'occurence la Cour d'appel qui estimait que les écoles n'avaient pas à réguler le discours des élèves en dehors des campus. C'est une précision importante parce que ça vise notamment tout ce qui est harcèlement scolaire.

La Cour suprême avait été saisie sur la liberté d'expression en milieu scolaire en 1969

C'est une décision importante car la dernière fois que la Cour suprême avait été saisie sur la liberté d'expression en milieu scolaire, c'était en 1969. C'était un élève de l'Iowa qui avait également obtenu gain de cause. La Cour suprême avait autorisée les élèves à porter des brassards noirs pour protester contre la guerre au Vietnam, précisant tout de même que les discours ne devaient pas perturber l'enseignement.

Dans le cas de l'affaire de la pom-pom girl, les juges ont également utilisé cette notion de "perturbation". Ils ont estimé que l'enseignement n'avait pas été perturbé. Quant à Brandy, qui a aujourd'hui 18 ans, elle a réagi et a déclaré : "Je n'aurais jamais imaginé qu'un message sur Snapchat termine à la Cour suprême, mais je suis fière d'avoir défendue les droits des millions d'élèves à s'exprimer". 

Enfin, la Cour envoie aussi un message aux enseignants et aux directeurs d'établissement : "Avant de sanctionner un comportement en dehors de l'établissement scolaire, assurez-vous qu'il contrevienne au premier amendement sur la liberté d'expression".

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