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États-Unis : face à la contestation, Trump lance une réforme limitée de la police

Face au mouvement de dénonciation des violences policières, Donald Trump a proposé une réforme très limitée de l'institution, tout en se gardant bien d'évoquer la question du racisme.

Un homme face à la police, à Washington, lors d'une manifestation pour George Floyd le 1er juin 2020
Un homme face à la police, à Washington, lors d'une manifestation pour George Floyd le 1er juin 2020 Crédit : OLIVIER DOULIERY / AFP
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Camille Sarazin et AFP

Donald Trump a signé mardi 16 juin un décret ordonnant une réforme limitée des forces de l'ordre pour tenter de répondre au mouvement historique de colère contre le racisme aux Etats-Unis.

Martelant sa volonté de restaurer la "loi et l'ordre" tout en rendant hommage à la douleur des familles de victimes qu'il venait de rencontrer en privé, le président américain a affirmé qu'il fallait "rapprocher la police et les communautés, pas les éloigner". Avec ce décret, Donald Trump a déclaré vouloir offrir un "avenir sûr aux Américains de toutes les races, religions, couleurs ou croyances".

Mais ses mesures limitées ne devraient pas satisfaire les manifestants qui se mobilisent depuis la mort de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis. Et qui réclament notamment l'interdiction pure et simple des prises controversées d'étranglement.

Si le décret présidentiel les bannit, il lève cette interdiction dans les cas où "la vie d'un policier est en danger", a précisé Donald Trump dans les jardins de la Maison Blanche. Devant des représentants de son gouvernement, de la police et des parlementaires républicains, mais en l'absence notable des proches des victimes, il a affirmé que "les Américains connaissent la vérité : sans la police, il y a le chaos, sans le droit, il y a l'anarchie et sans la sécurité, c'est la catastrophe".

Le débat sur le racisme évité

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Le président américain n'ayant qu'un pouvoir limité sur les services de police, qui dépendent surtout des États et des villes, le décret utilisera le levier des subventions fédérales pour les "encourager" à respecter les "normes professionnelles les plus élevées". Il s'agit notamment d'améliorer "la formation sur l'usage de la force et les techniques de désengagement" et le partage des données sur les agents connus pour leurs mauvaises pratiques.

Seul un "très petit" nombre d'agents commet des fautes, a souligné Donald Trump dans des remarques qui ont parfois pris des allures de discours de campagne. S'il a déploré la mort de George Floyd et d'autres victimes noires, le républicain, candidat à sa réélection en novembre, a depuis le début des manifestations esquivé le débat sur le racisme.

Un "décret insuffisant"

Un "décret insuffisant", a jugé Kate Bedingfield, porte-parole de son rival démocrate pour la présidentielle Joe Biden, en accusant Donald Trump d'avoir passé son mandat à "détruire" les réformes adoptées sous Barack Obama.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a quant à elle estimé que ces mesures n'étaient "tristement pas à la hauteur des actions nécessaires pour combattre" le racisme et les violences policières qui tuent "des centaines de Noirs américains".

Les démocrates ont inclus l'interdiction pure et simple des prises d'étranglement dans un projet de loi qu'ils pourraient faire adopter dès la semaine prochaine à la Chambre. Mais il est très peu probable qu'il passe en l'état l'étape du Sénat, à majorité républicaine.

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