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États-Unis : Donald Trump joue avec les nerfs des Américains sur le plan de relance

Après avoir feint de poser son veto concernant le plan de relance, Donald Trump a finalement accepté de signer. Un président qui, une nouvelle fois, avance au contre du jeu.

Donald Trump s'exprime lors du dernier débat présidentiel à l'Université Belmont de Nashville, Tennessee, le 22 octobre 2020.
Donald Trump s'exprime lors du dernier débat présidentiel à l'Université Belmont de Nashville, Tennessee, le 22 octobre 2020.
Crédit : JIM WATSON / AFP
États-Unis : Donald Trump joue avec les nerfs des Américains sur le plan de relance
03:56
Lionel Gendron
Journaliste

Donald Trump est à la Maison-Blanche pour encore un peu plus de trois semaines. Et à nouveau ces derniers jours, et même ces dernières heures, il a joué avec les nerfs des parlementaires et des Américains. En jeu, un plan d’aide de 900 milliards de dollars que tout le pays attend.

Pour rappel, il y a une semaine, après moultes tractations, le Congrès (c’est-à-dire la Chambre des représentants et le Sénat) adopte un plan. Il est conséquent : il concerne 85% des Américains, ceux qui gagnent moins de 75.000 dollars par an (environ 62.000 euros). Cet accord prévoit un chèque de 600 dollars par adulte et 600 autres dollars par enfant à charge. Les démocrates estimaient que l’aide était insuffisante, mais faute de mieux, ils l’ont approuvée car ça apporte quand même de l’oxygène à des millions de familles américaines.

Ce que personne n’avait prévu, c’est que Donald Trump allait se ranger aux côtés des démocrates. Juste avant le réveillon, il a dit qu’il refusait de signer (implicitement qu’il mettait son veto), déclarant que 600 dollars c’était minable, que le Congrès devait revoir sa copie et accorder 2.000 dollars par personne. Ce coup-là personne ne l’avait vu venir parce que le Secrétaire au Trésor faisait partie de la négociation. Donc, il paraissait évident qu’il parlait au nom de la Maison-Blanche. Lui-même en était sans doute persuadé. Mais Donald Trump a agi au dernier moment sur un coup de tête, ou un coup de sang.

Un coup porté à son camp

Si Donald Trump a mis son veto, c'est peut-être pour le bien être des Américains, du moins on ne peut pas l’écarter. En effet, pour beaucoup de spécialistes 600 dollars par personne ce n’était pas assez. Et évidemment, 2.000 dollars d’aide c’est mieux. De plus, il y a peu d’Américains (ou de Français si on était concernés) qui diraient : non merci c’est gentil mais c’est trop Monsieur le président, je préfère que vous gardiez votre argent. 

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Forcément c’est populaire de dire ça... et populiste. Mais comme dirait Emmanuel Macron, ce n’est pas de l’argent magique. Si l’aide est nécessaire il faut pouvoir la financer. Donc, posture du président bienfaiteur et coup politique. Un coup porté aux élus républicains, à son camp. 

Si on a un doute, il suffit d’ouvrir son journal intime, à savoir, son compte Twitter. Il y a trois jours, Donald Trump écrivait ces lignes : "J'ai sauvé au moins 8 sénateurs républicains, dont Mitch, de la défaite lors de la dernière élection truquée. Maintenant, ils s'assoient et me regardent me battre contre un ennemi tordu et vicieux, les démocrates radicaux de gauche. JE N'OUBLIERAI JAMAIS !".

Un président qui favorise le chaos

Autre souci, c’est qu’il n’y avait pas que ces aides exceptionnelles dans le vote du congrès, mais aussi un plan de financement de l’État. Et sans accord d’ici à ce soir minuit, on arrivait au fameux "Shutdown" c’est-à-dire la paralysie de plusieurs services de l’État, faute d’argent. Mais dans la nuit, nouveau revirement. Finalement, Donald Trump accepte de signer.

Alors là, ce qui est surprenant, c’est le timing. On s’attendait à ce qu’il joue le bras de fer jusqu’au bout, au moins jusqu’à demain soir, mais les critiques commençaient à pleuvoir. Un sénateur républicain a par exemple déclaré que la marque que laisserait Donald Trump, serait celle d’un président au comportement erratique, favorisant le chaos.

Un véto c’était bloquer les allocations chômage de plus de 12 millions d’Américains, supprimer des aides aux petites entreprises, au secteur aérien et même geler des fonds destinés à distribuer des vaccins. Ça faisait beaucoup à assumer. Pour l’heure, ce qu’on ne sait pas c’est s’il a obtenu quelque chose en échange. Il y aura sans doute plus d’informations dans la journée. Toutefois, Donald Trump a à nouveau été au contre du jeu... et c’est pour lui essentiel.

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