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États-Unis : Donald Trump attise la discorde chez les républicains

ÉCLAIRAGE - Faire table rase de l'ère Trump ou jurer fidélité au milliardaire pour gagner ? Le choix est cornélien pour le parti républicain. Et Donald Trump ne leur facilite pas la tâche.

Donald Trump et le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, le 23 octobre 2017
Donald Trump et le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, le 23 octobre 2017
Crédit : Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Thomas Pierre & AFP

La guerre est déclarée chez les républicains. Plutôt discret ces dernières semaines, Donald Trump n'a pas ménagé ses effets mardi pour attaquer Mitch McConnell, le patron du parti au Sénat. Acquitté dans son second procès en destitution, l'ancien président a ouvertement déclenché les hostilités contre cette figure de son propre camp qui l'accuse d'être "responsable" de l'assaut meurtrier du Capitole. 

Sur fond de divisions qui déchirent les républicains, Donald Trump a marqué définitivement la rupture dans un communiqué cinglant. "Mitch est un politicien renfrogné, maussade, qui ne sourit jamais et si les sénateurs républicains restent avec lui, ils ne gagneront plus", y écrit l'ex-président, qui se présente en meilleur atout pour que son parti regagne le contrôle du Congrès en 2022. Et n'exclut pas de se représenter en 2024.

Plus de 200 juges conservateurs nommés par le Sénat, dont trois à la Cour suprême, ou la réforme des impôts, rare succès législatif de Donald Trump : le milliardaire a pourtant travaillé main dans la main avec le sénateur du Kentucky, habile stratège, pendant quatre ans.

Schisme au sein du parti républicain

Le divorce, retentissant, est en cela emblématique du schisme s'opérant, au sein du parti, entre opposants et partisans de Donald Trump. Le magnat de l'immobilier considère ainsi que "le parti républicain ne pourra plus jamais être respecté ou fort avec des 'dirigeants' politiques comme Mitch McConnell", à qui il impute la récente perte de la majorité au Sénat. 

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Au contraire, pour d'autres responsables du parti, c'est Donald Trump lui-même qui a sapé la participation de ses électeurs lors de deux sénatoriales cruciales début janvier, en dénonçant pendant des mois, et sans apporter de preuves, des "fraudes massives" électorales pour la présidentielle.

Trump acquitté et populaire

C'est au lendemain de ces sénatoriales, le 6 janvier, que des milliers de manifestants pro-Trump avait pris d'assaut le Capitole. "Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force", avaient lancé peu avant Donald Trump à la foule chauffée à blanc. Accusé par les démocrates d'"incitation à l'insurrection", Donald Trump a été jugé la semaine dernière au Sénat pour ces faits dans un procès historique. 

Samedi, les sénateurs ont été une majorité (57 sur 100) à se prononcer pour sa condamnation. Dont, fait sans précédent, sept républicains. Mais il aurait fallu les deux tiers de la chambre haute (67 voix) pour parvenir à un verdict de culpabilité. À la Chambre, dix républicains avaient voté avec les démocrates en faveur de sa mise en accusation. 

Tous subissent depuis de féroces réactions dans leur parti. Car Donald Trump reste immensément populaire dans son camp. Trois quarts des électeurs républicains veulent qu'il continue à jouer "un rôle de premier plan" dans le parti, selon un sondage. 

McConnell lâche Trump

Mitch McConnell, lui, a voté pour l'acquittement, car il a estimé que la chambre haute n'était pas compétente pour juger un ex-président. Mais dans la foulée, il a déclaré Donald Trump "responsable" de l'assaut. Les émeutiers ont agi ainsi "car l'homme le plus puissant de la planète les avait nourris de mensonges", avait-il asséné dans l'hémicycle, en martelant que "seul le président Trump" aurait pu arrêter la foule. Et de lâcher, indigné: "A la place, il a regardé la télévision, heureux... heureux pendant le chaos". 

Pour Mitch McConnell, plus question donc de laisser la main à Donald Trump dans les prochaines élections. Faire table rase de l'ère Trump ou jurer fidélité au milliardaire pour gagner ? Les couteaux sont désormais tirés au parti républicain.

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