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Donald Trump : ce qu’il faut retenir du premier jour de son procès en destitution

ÉCLAIRAGE - Même si Donald Trump n'est plus qu'un simple citoyen, les sénateurs ont voté mardi pour la poursuite du procès dans le cadre de la procédure de destitution.

Illustration du Capitole américain
Illustration du Capitole américain
Crédit : WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Thomas Pierre & AFP

Donald Trump, un grand absent omniprésent. Le Sénat devait déterminer mardi si ce second procès en destitution de l'ancien président américain était conforme à la Constitution. Même si ce dernier a quitté la Maison Blanche et n'est plus qu'un simple citoyen, 56 sénateurs, dont 6 républicains, contre 44 ont voté pour sa poursuite dans le cadre de la procédure de destitution. 

Un vote intervenant à l'issue d'une journée où les procureurs démocrates ont fait revivre à l'Amérique les violences du Capitole, vidéo choc à l'appui. Ironie de l'Histoire, c'était dans ce même hémicycle du Sénat que s'étaient précipités les manifestants pro-Trump le 6 janvier dernier, jour de la certification des résultats de l'élection présidentielle.

Accusé "d'incitation à l'insurrection", Donald Trump s'est ainsi rendu coupable "d'un délit constitutionnel effroyable", a lancé Jamie Raskin. Mais le chef des "procureurs" démocrates a surtout marqué les esprits en cédant à l'émotion en revivant l'assaut sur le Capitole survenu au lendemain des funérailles de son fils. 

Les larmes d'un élu démocrate

"Ce procès a une dimension personnelle", a déclaré Jamie Raskin en retenant avec peine ses sanglots. "J'espère qu'il rappellera à l'Amérique à quel point la démocratie est une affaire personnelle." L'élu de la Chambre des représentants avait enterré le 5 janvier son fils de 25 ans qui, souffrant de dépression, s'était suicidé quelques jours plus tôt. 

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Le lendemain, il avait invité sa plus jeune fille, et le mari de son aînée, qui voulaient rester avec lui "pendant cette semaine bouleversante" à l'accompagner au Congrès. Quand des partisans de Donald Trump ont fait irruption dans le Capitole, ils ont été séparés. "Mes jeunes se sont cachés sous un bureau pour envoyer leurs derniers textos et murmurer leurs adieux par téléphone. Ils pensaient qu'ils allaient mourir", a-t-il relaté.

Quand Jamie Raskin les a retrouvés, il s'est excusé et a promis à sa fille que ce serait différent la prochaine fois qu'elle viendrait au Congrès. "Elle m'a dit 'Papa, je ne veux jamais revenir'. De toutes les choses brutales que j'ai vues et entendues ce jour-là, c'est ce qui m'a fait le plus mal", a-t-il confié, en pleurs. "Ça, et voir quelqu'un utiliser un drapeau américain pour frapper un policier sans pitié."

Un avocat de Trump raillé

Du côté de la défense, David Schoen, l'un des avocats de Donald Trump a estimé que ce procès était "une instrumentalisation politique de la procédure de destitution" qui allait "déchirer" le pays. "Ce procès va ouvrir de nouvelles blessures, profondes, dans la nation car de nombreux Américains le voient pour ce qu'il est : une tentative (...) d'écarter Donald Trump de la vie politique et priver de leurs droits 74 millions d'électeurs", a-t-il ajouté. 

Un plaidoyer qui n'aura pas éclipsé la piètre performance de son collègue Bruce Castor, l'autre avocat du milliardaire, décriée à la fois par les démocrates comme les républicains. "Il parlait pour ne rien dire", a déclaré le sénateur républicain John Cornyn. "J'ai entendu beaucoup d'avocats plaider et ce n'était pas l'un des meilleurs", a-t-il encore assené. La sénatrice Lisa Murkowski s'est, elle, dite "atterrée": "Je ne vois pas où il voulait en venir". 

Bruce Castor, 59 ans, fut longtemps procureur d'un comté de Pennsylvanie, et a rejoint in extremis la défense de l'ancien président après la démission de cinq avocats. Mardi, il s'est exprimé en premier pour défendre Donald Trump, en multipliant les digressions sur les sénateurs "des gens extraordinaires" qui "suscitent la fierté" de leurs électeurs et les métaphores sibyllines ("les vannes ouvertes", "le pendule politique"...)

Trump mécontent

À en croire deux sources anonymes citées par CNN, Donald Trump lui-même était à deux doigts de "crier" en l'écoutant. Mais même si l'ancien président est mécontent des premières performances de sa défense, l'issue de ce procès fait peu de doute. Fort du soutien encore solide de nombreux républicains, le milliardaire, qui compte faire profil bas jusqu'au terme du procès, a de très grandes chances d'être acquitté. Peut-être dès le début de la semaine prochaine.

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