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États-Unis : Donald Trump "a posé des jalons pour très longtemps", selon Polony

ÉDITO - En nommant la conservatrice Amy Coney Barrett juge à la Cour Suprême, Donald Trump entend bien laisser des traces de son passage qu'il gagne ou non l'élection présidentielle.

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États-Unis : Donald Trump "a posé des jalons pour très longtemps", selon Polony Crédit Image : Olivier DOULIERY / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Natacha Polony édité par Nicolas Barreiro

L’élection présidentielle américaine est dans un peu plus d’un mois, et un événement majeur pour l’avenir du pays vient d’avoir lieu : Donald Trump a nommé une juge à la Cour SuprêmeAmy Coney Barrett. Qu'il gagne ou qu'il perde l'élection, ça veut dire qu’il a posé des jalons pour très longtemps.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le système politique américain, il faut rappeler ce qu’est la Cour Suprême : neuf juges, neuf "sages", nommés à vie pour juger en dernier recours de la concordance d’une décision de justice avec la Constitution américaine.

Basiquement, quand nous évoluons, en France, quand nous voulons faire changer les choses, nous modifions la constitution, la loi fondamentale. Les Américains ont gardé la même depuis deux cents ans, mais c’est la jurisprudence qui a changé. À titre d'exemple, en 1973, l’arrêt Roe v. Wade prescrit que les entraves légales à l’avortement sont contraires à la Constitution. Chez nous, c’est la loi Veil qui a autorisé l’avortement. La différence est essentielle.

Un rôle essentiel dans les décisions importantes

En nommant Amy Coney Barrett, Donald Trump peut faire basculer la jurisprudence de la Cour sur des sujets fondamentaux. Il s'agit-là d'un véritable coup du destin. Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste, est morte juste avant cette élection. 

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Il suffit que le Sénat, à majorité républicaine, valide la nomination de celle qu’a choisie Trump avant la présidentielle, et, même s’il est battu, on aura pendant peut-être plusieurs décennies, puisqu’elle n’a que 40 ans, une juge qui arbitrera dans le sens du conservatisme sur des sujets comme l’avortement, la peine de mort, les armes à feu, l’assurance maladie...

Dans les années 2000, la Cour Suprême a dû statuer sur la légalité de l’élection présidentielle alors qu’il avait fallu recompter les bulletins en Floride après des dysfonctionnements. George Bush avait été élu face à Al Gore.

Or justement, Donald Trump est en train de contester les votes par correspondance. Et l’Etat de Pennsylvanie a décidé d’invalider les bulletins qui ne seraient pas glissés dans une enveloppe de confidentialité, elle-même glissée dans l’enveloppe nominative. 

Bref, il risque fort d’y avoir des contestations, et les juges de la Cour Suprême devront trancher, en théorie de façon impartiale

Donald Trump gagnant à court et à long terme

Voilà tous les dangers du système. Tout ce qui nous semble, à nous Français, incompréhensible : des gens non élus ont une responsabilité majeure dans des évolutions qui touchent aux droits fondamentaux des individus. Et ceux qui plaident, en France, pour que le Conseil constitutionnel devienne une sorte de Cour Suprême devraient y réfléchir à deux fois.

Néanmoins, il faut garder en tête que les juges évoluent au sein de la Cour et s’efforcent de juger en droit et non selon leur idéologie. Mais la société américaine est en voie de fracturation. Il y a déjà des années que les habitants des Etats du centre n’ont plus rien en commun avec les progressistes de Californie ou du New Jersey. Mais qualifier les premiers de « déplorables » comme le fit Hillary Clinton en 2016 ne suffit pas.

Et la morale de cette histoire, c’est qu’en oubliant de s’intéresser aux victimes de la mondialisation, à tous ceux qui ont craignent le déclassement et le chômage de masse, on déroule le tapis pour les authentiques réactionnaires et les vrais extrémistes.

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