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ÉDITO - États-Unis : François Lenglet explique pourquoi l'espérance de vie ne cesse de diminuer

Dans sa chronique, François Lenglet évoque les raisons de la baisse de l'espérance de vie au sein de la population américaine.

Les mains d'une personne âgée (image d'illustration).
Les mains d'une personne âgée (image d'illustration).
Crédit : ERIC CABANIS / AFP
LENGLET-CO - États-Unis : l'espérance de vie ne cesse de diminuer
00:03:28
LENGLET-CO - États-Unis : l'espérance de vie ne cesse de diminuer
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François Lenglet - édité par Baptiste Marin

L'espérance de vie des Américains est en net recul. Entre 2019 et 2021, elle a perdu presque trois ans, pour arriver à 76,1 années. Ce chiffre est le plus faible des pays développés, c'est moins que la Chine, c'est à peine plus que le Mexique. Cette véritable dégringolade n'a pas de précédent depuis un siècle et la Première Guerre mondiale. Si le Covid est l'une des explications de cette chute, la baisse de l'espérance de vie est en réalité le symptôme d'un pays en déclin accéléré car l'espérance de vie est un indicateur du bien-être d'une société. 

Si on considère les différentes ethniques, les Indiens ont subi la chute la plus frappante. Ils ont perdu sept années en trois ans, pour retrouver leur niveau de 1944, à 65 ans. Les Noirs puis les Blancs viennent ensuite. Les Hispaniques réussissent à faire mieux, en se stabilisant en dessous des 80 ans. Les Asiatiques sont les meilleurs avec une espérance de vie au-dessus de 80 ans. Résultat, il y a plus de 15 ans d'écart d'espérance de vie entre un Américain d'origine asiatique et un Américain natif, c'est-à-dire un Indien. 

Le milieu social joue un rôle dans l'espérance de vie. Les différences entre les ethnies recoupent en partie les écarts de niveau d'éducation. Ceux qui ont fait des études supérieures vivent en moyenne 6,3 années de plus que les autres. 

Quelles sont les causes de cette baisse chez les Américains ?

Les États-Unis traversent une période de désintégration sociale. Outre les morts par arme à feu (suicide ou meurtre) et la surmortalité routière, la propagation des drogues, les médicaments opiacés en particulier, a frappé les classes ouvrières de la population blanche. Cette partie a subi un déclassement en raison de l'effondrement de l'industrie dans le centre du pays, faisant une hécatombe d'overdoses. Ce sont ceux que le Prix Nobel d'économie Angus Deaton a appelé les "morts du désespoir". 

Le Covid a aussi joué. En particulier sur l'année 2020. Mais il a été sélectif en frappant plutôt les non-qualifiés et les pauvres, ceux qui étaient déjà dans des conditions médiocres. Cette partie de la population, est la plupart du temps, non soignée, touchée par l'obésité, le diabète et/ou l'hypertension. 40% des Américains sont atteints d'obésité

Les populations non qualifiées ont peu accès au système de soins. Si le niveau d'étude joue autant sur l'espérance de vie, c'est parce qu'il est généralement corrélé à un emploi qui offre une assurance santé protectrice. Quant à l'obésité, liée à la malbouffe et à la pauvreté, les dirigeants américains n'osent plus la stigmatiser, par peur de se faire critiquer pour racisme anti-gros. Et chez les Républicains, la réticence est d'autant plus forte que leur électorat, provient largement des zones rurales, beaucoup plus frappées d'obésité que les villes. 

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