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ÉDITO - Coronavirus : la France, star économique de la pandémie ?

Prix Nobel d’économie en 2008, Paul Krugman rend un hommage à la France dans le "New York Times". Voici ses arguments.

Le drapeau français flotte sous l'Arc de Triomphe à Paris le 11 novembre 2016 (illustration)
Le drapeau français flotte sous l'Arc de Triomphe à Paris le 11 novembre 2016 (illustration)
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP
Lenglet-Co du 18 janvier 2022
03:30
Lenglet-Co du 18 janvier 2022
03:31
François Lenglet - édité par Gregory Fortune

Mardi 18 janvier, éclairage sur un étrange hommage fait à la France par un Prix Nobel d’économie américain : Paul Krugman, lauréat en 2008 et considéré aux États-Unis comme un gauchiste - il serait étiqueté au contraire libéral chez nous. C’est tout bonnement l’un des économistes les plus respectés au monde. Dès les années 1990, lorsqu'il était professeur au MIT de Boston, il avait parfaitement anticipé la crise des pays émergents et les conséquences de la mondialisation pour l’Occident. 

Aujourd'hui, c’est dans le prestigieux quotidien New York Times que Krugman déclare que "la France est la star économique de la pandémie". Comment l'explique-t-il ? D’abord par le taux d’emploi des 25-54 ans depuis le début de la crise. Aux États-Unis, ce taux s’est effondré au moment du confinement de 2020, passant de 80 à 72% pour remonter ensuite, mais pas au niveau d’avant, loin s’en faut. Alors qu’en France, il n’a quasiment pas varié, restant à un haut niveau : 82%, avant, pendant et après la crise, grâce au chômage partiel. 

Excellente technique, dit le prix Nobel, parce qu’elle a préservé le lien des salariés avec l’entreprise, et leur employabilité. Ça n’a pas été le cas en Amérique, où manquent toujours à l’appel plus de trois millions de travailleurs, qui se sont volatilisés. Krugman salue encore le fait que les écoles aient rouvert très tôt, ce qui a permis à tout le monde, et en particulier les mères, de retourner au travail. Il pointe également le taux de vaccination des Français, supérieur de plus de dix points à celui des Américains, malgré un départ poussif chez nous. 

Un PIB plus faible peut être un choix

Cet hommage n’est-il quand même pas un peu idéalisé ? Krugman s’en défend. Il évoque aussi des dépenses publiques énormes en France, des impôts élevés et une régulation lourde, qu’il a souvent brocardée. Mais, dit-il, alors qu’aux États-Unis, les Républicains - le parti de droite, l’opposition - dénoncent comme du socialisme destructeur tout effort pour réduire les inégalités, ça vaut le coup de noter que la France, quasi-socialiste au sens soviétique, se débrouille plutôt bien.
 
Le niveau de vie des Américains est pourtant bien plus élevé que celui des Français, et l’économiste le note lui-même, en précisant que le PIB par tête d’un Français est 25% inférieur à celui d’un "Yankee". Mais il l’explique par le temps de travail : retraite plus précoce en France, ainsi qu’un nombre d’heures travaillées plus faible - les Français prennent des vraies vacances, plaisante-t-il. 

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Voici un chiffre trouvé dans les bases de l’OCDE, qui corrobore tout à fait l’explication de Krugman : en 1980, un Français et un Américain avaient la même durée annuelle du travail, 1.800 heures par an. Aujourd’hui, c’est toujours 1.800 heures en Amérique, alors que c’est tombé à 1.400 heures chez nous, à peu près 25% de moins, comme pour le PIB. Voilà l’explication du fameux déclin français pointé par certains. Comme quoi, conclut Krugman, un PIB plus faible peut être, non pas un problème, mais un choix.

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