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ÉDITO - Peut-on bloquer les prix de certains produits, comme le dit Mélenchon ?

Le blocage des prix des produits de première nécessité, comme préconisé par Jean-Luc Mélenchon, est-il possible ?

Des baguettes dans une boulangerie (illustration)
Des baguettes dans une boulangerie (illustration)
Crédit : AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS
Bloquer les prix dit Mélenchon, mais à quel prix?
03:14
Bloquer les prix dit Mélenchon, mais à quel prix?
03:14
François Lenglet - édité par William Vuillez

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, a préconisé dimanche le blocage des prix des produits de première nécessité, pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. C’est tout à fait possible juridiquement. Le gouvernement peut toujours se prévaloir de circonstances exceptionnelles pour fixer le prix de tel ou tel bien. Il l’avait fait par exemple au printemps 2020 pour le gel hydroalcoolique, lorsque certains avaient profité de la pénurie pour augmenter leurs prix de façon éhontée. Mais en dehors de ces cas exceptionnels plus que justifiés pour frapper la spéculation, le blocage des prix a un coût. 

Quand le prix est bloqué, il y a toujours quelqu’un qui paye, même si on ne le voit pas. Regardez l’électricité. Le dispositif élaboré par le gouvernement pour limiter l’augmentation du tarif EDF à 4%, c’est un blocage des prix, va coûter une quinzaine de milliards. Huit milliards de taxes en moins, et à peu près autant de recettes en moins pour EDF, société publique. C’est donc l’État qui va payer. Le contribuable va subventionner le consommateur. Or, dans la plupart des cas, c’est la même personne ! En bloquant la facture d’électricité, on fait monter la feuille d’impôt. Et l’addition arrive toujours à la même adresse.

Attendez, si on bloquait le prix de la baguette, le contribuable ne paierait pas davantage, c’est vrai, mais il y aurait un coût quand même. Imaginons que le prix des matières premières grimpe, c’est le cas en ce moment, et qu’on abaisse autoritairement le prix du produit transformé, le pain. Ce seraient les boulangers qui paieraient la différence. Immanquablement, ils la refactureraient au consommateur sous une autre forme, la pénurie, en ne fabriquant plus de pain. C’est exactement ce qui était arrivé pendant la révolution, où l’on avait fixé le prix du pain à un niveau très bas, plus faible, au kilo, que celui de la farine ! Aberrant. Du coup, on ne trouvait plus de pain. Sauf au marché noir, à des prix très élevés. C’est comme pour les logements.

On a connu ce cas de figure pour les logements

Avec la loi de 1948, on avait bloqué les loyers après la guerre, dans une France à reconstruire où les habitations étaient rares. Et dans les années 1980 subsistaient encore à Paris de nombreux logements dits loi de 1948, avec des loyers très très faibles. La seule façon d’en obtenir un, tellement la demande était forte, c’était de payer un dessous de table, en liquide, au bailleur, pour compenser l’avantage. Le marché s’était vengé. 

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Le prix, c’est seulement une mesure, celle du rapport de forces entre le producteur et l’acheteur. Si on modifie cette mesure, on ne change pas pour autant le rapport de forces. Et du coup, le producteur se venge en effet, soit en demandant un complément de prix au noir, soit en arrêtant de produire. C’était le système des pays communistes, l’URSS et ses satellites, où les pénuries étaient fréquentes pour tous les objets de la vie courante. La proposition de la France Insoumise nous reconduit à cette époque glorieuse du rideau de fer. Mais du mauvais côté.

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