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ÉDITO - Allemagne : l'énergie, le premier défi d'Olaf Scholz

Olaf Scholz, le nouveau chancelier allemand, a été intronisé mercredi 8 décembre. Son premier sujet d’importance, ce sera l’énergie, avec des conséquences importantes pour la France.

Olaf Scholz est devenu le nouveau Chancelier allemand.
Olaf Scholz est devenu le nouveau Chancelier allemand.
Crédit : JOHN MACDOUGALL / AFP
ÉDITO - Allemagne : l'énergie, le premier défi d'Olaf Scholz
03:53
François Lenglet - édité par Théo Putavy

L’énergie, c’est le principal sujet économique et stratégique du nouveau chancelier. Car l’Allemagne est en situation de risque depuis qu’elle a levé le pied du nucléaire en indiquant son intention de fermer toutes les centrales. Dans les discours, elle met le paquet sur les énergies renouvelables, éolienne et solaire, et surtout avec cette coalition nouvelle. 

Dans la réalité, c’est très différent. Le renouvelable, éolien, solaire et biomasse, ne représente que 35 à 40% de l’énergie utilisée pour produire de l’électricité en Allemagne. Le reste, c’est encore un peu de nucléaire, une dizaine de pourcents, du gaz naturel, à peu près la même chose, et surtout le charbon, qui pèse encore pour 35%. En clair, aujourd’hui, le renouvelable et le charbon sont à peu près équivalents dans le mix énergétique teuton.

Mais cela veut dire qu'ils polluent beaucoup. L’Allemagne, à cause de la décision de Merkel de sortir du nucléaire qui l’a contrainte à développer le charbon, est l’une des nations européennes les plus sales. Mercredi 8 décembre par exemple, elle émettait cinq fois plus de carbone par kilowattheure électrique que la France. À cause du charbon. Et voilà que le nouveau chancelier Scholz, poussé par ses alliés Verts, veut sortir aussi du charbon, avant 2030. 

Le gaz comme unique solution ?

Pour que l’Allemagne sorte aussi du charbon, il faut qu’elle construise massivement des centrales au gaz, le temps que la production de renouvelables prenne le relais. Le gaz n'est pas formidable parce que c’est aussi de l’énergie fossile, mais c’est moins polluant que le charbon. Le problème du gaz est d’une autre nature, c’est qu’il vient de Russie, qui s’en sert comme instrument de chantage sur l’occident. 

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Ce gaz doit transiter désormais par un gigantesque oléoduc, NordStream 2, dont la construction est achevée, il passe sous la mer Baltique. Et voilà que les États-Unis, inquiets des velléités expansionnistes de Poutine, veulent désormais bloquer NordStream. Scholz pourrait donc se trouver contraint de retarder la mise en service du gigantesque tuyau, pour des raisons géostratégiques. En plus, ses alliés Verts n’aiment pas non plus le gaz. 

Mais il faut compléter les énergies renouvelables avec une source d’énergie pilotable, qu’on peut déclencher quand on le souhaite. L’Allemagne n’aura pas d’autre solution que d’importer massivement de l’électricité produite ailleurs. Les prix vont encore monter. 

Si on résume, le choix fait par l’Allemagne de sortir du nucléaire risque d’être payé par tous les consommateurs européens, sur leur facture. L’Allemagne va sans doute importer de l’électricité produite chez nous, en grande partie nucléaire. Alors qu’elle bannit cette technologie sur son sol. Et alors qu’elle a ferraillé à la Commission européenne, pour faire classer par Bruxelles le nucléaire comme une énergie nuisible pour l’environnement, au grand dam de la France. 

Ainsi stigmatisé, le nucléaire aura beaucoup plus de mal à se financer. À n’en pas douter, l’énergie sera au menu des discussions entre Olaf Scholz et Emmanuel Macron vendredi à Paris, pour le premier déplacement du nouveau chancelier.

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