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Destitution de Trump : un procès surtout fait pour la télé ?

Les démocrates disposent de quelques jours seulement pour tenter de convaincre les sénateurs de la culpabilité du président Trump, qui est accusé d’abus de pouvoir et d’obstruction au Congrès, même si ce procès semble déjà joué d'avance.

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Destitution de Trump : un procès surtout fait pour la télé ? Crédit Image : Brendan Smialowski / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Philippe Corbé
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édité par Venantia Petillault

L'issue du procès en destitution de Donald Trump se soldera sûrement par l’acquittement du président. Donc les procureurs démocrates cherchent surtout à convaincre les électeurs qui sont derrière leur poste, à moins de 10 mois de la présidentielle.

Ce jeudi 23 janvier, ils devaient présenter une sorte de réquisitoire, convaincre que le président est coupable. Mais quand j’étais dans la salle j’ai eu l’impression qu’ils ne s’adressaient pas aux sénateurs jurés, mais aux gens derrière leur poste, en racontant l’affaire comme une histoire. Avec des extraits vidéos de déclarations du président, des graphiques. Et le plus notable, c’était leur choix de mot. 

Pas de grands termes juridiques techniques, comme ceux qu’ils utilisaient au début de l’affaire. Non c’était "manœuvre", "corruption", "dissimulation", "étouffer l’affaire", et surtout le mot qui va être à la une du New York Times, "Triche". Au bout du compte, c’est cela qu’ils veulent que les Américains retiennent. Le président a triché pour être réélu. Et ce choix de mots simples, parfois simplistes, presque caricaturaux, n’est pas du au hasard. Ils ont fait des tests avec des panels, comme pour tester des slogans publicitaires.

Une diffusion et une réalisation indigestes

C’est notamment comme ca que le président a choisi ses avocats, parce qu’ils bons sur FOX News. On voit qu’ils ont peu pour consigne de faire le show. On voit bien qu’ils s’adressent d’abord aux caméras. Pour créer de la tension. C’est aussi pour cela que le président a fait croire mercredi 22 janvier à Davos qu’il aimerait bien venir : ce serait un incroyable rebondissement de télé réalité.

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Mais en réalité les républicains ont verrouillé les règles pour que cette diffusion télé soit indigeste, notamment en imposant une réalisation a minima. Même la chaîne parlementaire n’a pas pu installer de caméras, donc ce sont seulement quelques caméras fixes. Un plan sur celui qui parle, et un plan large. Aucun plan de coupe. Les Américains derrière leur poste voient une personne qui parle pendant deux heures, seul et en plan fixe. Alors que les Américains ont l’habitude des procès filmés pour la télé. 

Mais les audiences restent correctes compte tenu de cette réalisation austère. Les grandes chaînes généralistes diffusent le procès pendant toute l’après midi, avant leurs programmes habituels du soir. Les chaines d’info continuent elles à le diffuser jusqu’au bout de la nuit, et font plus d’audience que d’habitude. Et pour la premier jour, le procès a été la deuxième meilleure audience de la soirée après NCIS.

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