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Démission d'AKK en Allemagne : "Un constat d'échec pour Merkel", estime Polony

ÉDITO - Rien ne va plus chez nos voisins allemands. Annegret Kramp-Karrenbauer qui devait prendre la succession d’Angela Merkel à la chancellerie vient de démissionner de son poste de présidente de la CDU. Un constat d’échec pour Angela Merkel au moment de tirer sa révérence ?

oeil monde - L'oeil de... Natacha Polony & Andréa Bescond & Philippe Caverivière & Olivier Mazerolle iTunes RSS
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L'oeil de... du 10 février 2020 Crédit Image : TOBIAS SCHWARZ / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Natacha Polony Journaliste

C’était bien la peine de s’embêter à apprendre son nom… Annegret Kramp-Karrenbauer, officiellement AKK, renonce à cause des tensions qui tiraillent le parti depuis la tentative de rapprochement avec l’extrême droite pour les élections régionales en Thuringe. Avec la montée de l’AFD, notamment en Allemagne de l’Est, une partie des membres de la CDU estime que, dans un pays habitué aux coalitions de toutes sortes, une alliance avec l’extrême droite ne serait pas absurde. Hors de question pour AKK. Et pour Angela Merkel.

Sauf que, si la CDU se retrouve dans cette situation, c’est bien parce qu’elle a été incapable d’enrayer la progression de l’extrême droite. Vous me direz que c’est partout pareil en Europe. Et les commentateurs nous expliquent que c’est à cause de la générosité d’Angela Merkel en 2015, quand elle a ouvert les bras à un million de réfugiés syriens.

Une générosité qui correspondait à la demande d’un patronat inquiet de la faiblesse démographique allemande, et qui s’est passée de toute coordination avec les partenaires européens, non seulement en 2015, mais surtout par la suite, quand il a fallu rétropédaler et se soumettre à Erdogan pour lui demander de gérer le problème.

Une gestion sur le dos de l'Europe

Celle qu’on nous présente depuis 15 ans en France comme une dirigeante extraordinaire, dont il faudrait copier la politique, a un bilan calamiteux. Et surtout parce qu’elle a consciencieusement détruit l’Union européenne en favorisant systématiquement les intérêts allemands.

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Elle a empêché l’Union de devenir une puissance indépendante parce qu’elle avait deux impératifs : maintenir à l’Est des pays à bas coût pour l’industrie allemande et assurer que les produits de cette industrie seraient écoulés en Chine et aux Etats-Unis. Quitte à sacrifier tout le reste, dont l’agriculture française. Mais il y a plus grave : même pour l’Allemagne, le bilan n’est pas reluisant. 

Certains diront que l'Allemagne est le pays le plus florissant d'Europe et qu'on aimerait avoir de tels résultats. Mais ces résultats, ils se font sur le dos des partenaires européens. Surtout, la gestion de mère de famille timorée, c’est très mauvais à long terme. Aucun investissement dans les infrastructures. Nos voisins allemands ont des excédents budgétaires gigantesques mais 41 % des routes nationales et 46 % des ponts sont à refaire.

De plus, l’argent qu’on épargne grossit les fonds des banques, qui peuvent jouer au Casino : la Deutsche Bank est un Lehman Brothers en puissance. Conclusion : voilà des années que les élites françaises utilisent le modèle allemand pour dire aux Français qu’ils sont paresseux et dépensiers, au lieu de contrer, pour le bien de toute l’Europe, les erreurs qu’Angela Merkel impose à tous au nom d’une Allemagne totalement hégémonique.

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