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Danemark : deux architectes se préparent à la vie sur la Lune ou Mars

Âgés de 24 et 26 ans, les jeunes hommes testent leur base lunaire dans un village isolé et désert du Groenland, sans secours possible pour recréer au maximum les conditions réelles.

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Danemark : deux architectes se préparent à la vie sur la Lune ou Mars Crédit Image : Nasa | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Isabelle Choquet édité par Victor Goury-Laffont

Karl-Johan Sorensen et Sebastian Aristotelis sont deux jeunes architectes danois, de 24 et 26 ans, qui, l'air de rien, sont en train de préparer notre installation sur la Lune.

Les deux gamins se sont d'ailleurs réjouis du succès récent de la capsule Dragon de Space X : "la voie est ouverte, disent-ils, des hommes vont pouvoir vivre sur la Lune, puis sur Mars ou d’autres planètes. Il est donc essentiel de rendre la vie dans l’espace plus agréable et moins monotone".

Pour cela, ils ont conçu une base lunaire assez incroyable, qu'ils sont en train de tester dans l'un des endroits les plus extrêmes de la planète : Moriusaq, dans le nord du Groenland. Un séjour de 91 jours, en isolement total, dans une région peuplée d'ours polaires, battue par des vents extrêmement violents et affichant une température moyenne de -30°

"Ça sera probablement très ennuyeux, disaient-ils avant leur départ à un journal danois repris par Courrier International, mais ennuyeux, ça l'est déjà pour les astronautes dans l’espace, et ça le sera pour les gens qui, un jour, habiteront sur Mars”. 

Un système d'éclairage pour recréer le parcours du soleil

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L'ennui, ça les connaît : quand ils étaient étudiants, ils ont passé chacun deux semaines seul dans le désert de Wadi Rum en Jordanie, l'endroit sur terre qui ressemble le plus à la planète Mars. Les premiers jours, ils étaient tout fous, et puis au bout d'un moment, toujours le même paysage rouge, ça lasse. 

Conclusion des deux élèves architectes : ce sera difficile de vivre sur une autre planète dans ces conditions, entre paysage monotone et toute petite station spatiale aseptisée. Alors, ils ont innové. D'abord avec un système d'éclairage qui donne l'illusion du parcours du soleil dans le ciel. Plutôt bienvenu en ce moment au Groenland, où c'est la nuit polaire depuis début novembre. 

Ils ont aussi prévu une espèce de météo artificielle, avec un dispositif de lumière "à imprévisibilité intégrée" : un engin qui donne l'illusion qu'il y a des jours de tempête, des jours de beau temps, des jours d'orage. Pour faire plus vrai, il y a un bruit de fond diffusé par haut-parleurs.

Une base lunaire dépliable

Créer une différence visible entre les jours et les nuits, entre un jour et un autre jour : l'idée leur est venue après l'expérience Mars 500, où six volontaires avaient vécu en total isolement pendant cinq cent vingt jours pour simuler un long voyage jusqu’à Mars. 

“Au bout de cent jours, ils ont eu une panne d’électricité, qui est devenue un repère important pour eux, explique Sébastian. Ils se servaient de cette panne pour [replacer dans le temps] d’autres événements. Ça montre que nous avons besoin de variations dans notre quotidien. C'est une façon de découper notre vie en chapitres. Sinon on se désintègre". 

Dans l'espace, on a aussi besoin d'espace. Leur base lunaire tient dans un conteneur de 6 mètres de long, pour le transport, mais il fallait quand même pouvoir y habiter sans se plier en douze, surtout pour Karl-Johan qui mesure plus de deux mètres. Au lieu de plier les humains, ils ont plié la maison sur le même principe que les origamis japonais. Une fois dépliée, elle propose une pièce commune d’environ 2m² pour travailler et faire de l’exercice physique, une entrée avec WC, et une chambre chacun. 

Dans l’espace commun, ils cultivent des algues comestibles, qui transforment non seulement le dioxyde de carbone en oxygène mais mettent aussi un peu de couleur dans la station, et un peu de variété dans l'assiette.

Une base inaccessible

L'expérience se poursuit à Moriusaq et, à bien y regarder, les conditions sont plus extrêmes que sur la Lune. Le site de Moriusaq est d’ailleurs tellement inhospitalier que le village qui s’y trouvait a déménagé depuis longtemps. 

Si cela pouvait paraître de mauvais augure, l'absence de population sur le site a été un paramètre déterminant. Une équipe de sauveteurs peut en effet mettre deux ou trois jours pour atteindre la base lunaire, en cas d’urgence. Sur la Lune aussi, les secours seront éloignés et il faudra pouvoir résoudre tous les problèmes par radio.

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