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Croatie : comment une panne de disjoncteurs a failli plonger toute l'Europe dans le noir

Le vendredi 8 janvier, deux disjoncteurs ont sauté au fin fond de la Croatie, coupant l'Europe de l'électricité en deux.

Une ligne haute-tension (illustration)
Une ligne haute-tension (illustration)
Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Croatie : comment une panne de disjoncteurs a failli plonger toute l'Europe dans le noir
03:36
Croatie : comment une panne de disjoncteurs a failli plonger toute l'Europe dans le noir
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Isabelle Choquet - édité par William Vuillez

C'est une histoire incroyable : comment l'Europe entière a failli être plongée dans le noir, il y a trois semaines. C'est un récit digne d'un film catastrophe. Imaginez un grand poste électrique au milieu des champs, au fin fond de la Croatie. Une forêt de pylônes et un magma de câbles et de tubes électriques. Il pleut, nous sommes le vendredi 8 janvier, il est 14h04 et 25 secondes, et soudain deux disjoncteurs sautent.

Le Figaro fait le récit de cette incroyable histoire. Pour comprendre la suite, il faut savoir que l'Europe de l'électricité fonctionne comme une vaste plaque de cuivre, tout d'un bloc. Ça va de Lisbonne aux confins de la Turquie, et du Péloponnèse jusqu'au Danemark. C'est une garantie pour l'approvisionnement, mais ça nous rend vulnérables quand un maillon faible vient à lâcher. Ce vendredi 8 janvier, les réseaux européens ont tout simplement connu leur plus grave crise depuis 2006.

Le poste électrique est comme un aiguillage. Celui de Croatie connecte les lignes haute tension provenant de Hongrie, de Serbie et de Bosnie. Quand les deux disjoncteurs sautent, le courant s'arrête. Mais l’électricité qui se propage à la vitesse de la lumière, cherche immédiatement un autre chemin. Alors la tension monte sur les connexions voisines. 23 secondes plus tard, un disjoncteur serbe saute à son tour car le flux électrique est devenu trop puissant. Trois secondes et le même phénomène se produit à 500 kilomètres de là, en Roumanie. 

Le courant qui est bloqué sur les lignes coupées se jette sur les connexions restantes de la région. Une seconde s’écoule et c’est le débordement général. L’Europe se retrouve coupée en deux sur un axe Nord-Est/Sud-Ouest. Toutes les grandes lignes entre ces deux blocs ont disjoncté.

Un mécanisme d’urgence s'enclenche

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D'un coup, dans la partie occidentale, il manque 6.000 mégawatts, l'équivalent de 6 réacteurs nucléaires. Alors la fréquence du réseau électrique baisse... La fréquence, c'est un peu le rythme cardiaque, elle doit toujours être maintenue à 50 hertz, dans toute l'Europe car tous les appareils électriques sont conçus pour fonctionner sur ce niveau. S'il y a une variation, tout grille et si la fréquence chute vraiment, ce sont les centrales électriques qui s’arrêtent, pour se protéger. Mais du coup le rythme cardiaque du réseau baisse encore plus. et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les centrales soient HS. Et là, c’est le black-out.

Heureusement, comme pour un malaise cardiaque, il y a des urgentistes et des gestes de premier secours. Ce jour-là, dans la salle de contrôle national de RTE, à Saint Denis, la carte d'Europe affichée sur grand écran change de couleur. Les pays d’Europe du Sud-Est passent du vert à l’orange, puis de l'orange au rouge. En moins de 5 secondes, un mécanisme d’urgence s'enclenche : plusieurs gros sites industriels français sont mis hors circuit, des usines sidérurgiques par exemple. 

Même chose en Italie, 1.700 mégawatts économisés, c'est toujours ça. Mais ça ne suffit pas alors une téléconférence express est lancée, avec une dizaine de pays. En 10 minutes, chacun sait ce qu'il a à faire. En France, de nouveaux moyens de production sont lancés, des centrales au gaz. Et les centrales nucléaires augmentent leur puissance, autant que possible. De leur côté les Autrichiens mettent le paquet sur l'hydroélectrique. Et peu à peu, au fil des minutes, la fréquence sur le réseau remonte.

Enquête est en cours

Fin de l'histoire ? Pas tout à fait. Car côté Sud-Est, c'est le contraire, la fréquence est trop forte. Alors on fait le contraire : en Turquie on arrête des centrales pour ralentir la cadence. Et ce n'est qu'une heure plus tard qu'on décide de rebrancher les deux morceaux de continent, quand les fréquences Est et Ouest se sont assez rapprochées. À 15h07 et 31 secondes, l’Europe électrique est réunifiée.

C'était il y a trois semaines, l'enquête est en cours. Mais pour l'instant, les experts ne savent pas pourquoi les deux disjoncteurs croates ont sauté. Comment l'Europe a frôlé le black out, à lire dans le Figaro.

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