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Coronavirus : les indigènes d'Amazonie en "danger d'extinction"

Les indigènes d'Amazonie ont appelé la communauté internationale à constituer un "fonds d'urgence" de cinq millions de dollars pour les protéger du coronavirus et éviter un "ethnocide" des gardiens de la plus vaste forêt tropicale de la planète.

Deux indigènes naviguent sur la rivière Ariau, à 80 km de Manaus, au Brésil, le 5 mai 2020.
Deux indigènes naviguent sur la rivière Ariau, à 80 km de Manaus, au Brésil, le 5 mai 2020. Crédit : Ricardo OLIVEIRA / AFP
Charles Deluermoz et AFP

"Comme peuples indigènes, nous sommes en danger d'extinction". José Gregorio Diaz, dirigeant vénézuélien de la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien (Coica), regroupant des amérindiens des neuf pays se partageant cette région, a fait part de son inquiétude, mercredi 6 mai.

Lors d'une conférence de presse virtuelle, il a précisé que "seulement cinq millions de dollars" étaient nécessaires pour constituer un "fonds d'urgence pour l'Amazonie", afin d'aider "directement" plus de 3.000 communautés indigènes, démunies face au risque de contagion. "Si nous continuons à attendre (une intervention de) l'État, nous allons mourir, et nous ne voulons pas disparaître", a-t-il lancé, en déplorant que les "politiques sociales des gouvernements des neuf pays ne parviennent pas" jusqu'à ces populations.

Le bassin amazonien compte au moins 26.500 cas confirmés du nouveau coronavirus, dont 1.630 morts, a-t-il indiqué, en soulignant que le virus "est en train de toucher avec beaucoup plus de force" les communautés indigènes, en particulier transfrontalières. "Nous sommes là pour demander l'aide de la société civile mondiale, de l'humanité", a ajouté José Gregorio Diaz.

Plus de 500 peuples indigènes, dont 66 en isolement volontaire, selon la Coica, vivent dans cette région que se partagent la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l'Equateur, la Guyanne française, le Guyana, le Pérou, le Surinam et le Venezuela. Mais au moins 60% des sept millions de km2 de la forêt amazonienne se trouvent au Brésil, pays le plus touché par le nouveau coronavirus en Amérique latine.

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"L'Amazonie représente 30% de la biodiversité et 70% de l'oxygène de la planète. Mais sa réelle importance réside dans l'inter-relation des peuples indigènes de la forêt pour assurer la vie de tous", a ajouté Tabea Casique Coronado, responsable de la Coica pour la science et l'éducation.

Faute "de préserver cette inter-relation, qui assure en grande partie la stabilité écologique, la planète va subir un effondrement climatique sans retour", a-t-il précisé, en alertant sur un risque d'"ethnocide" si des mesures urgentes ne sont pas prises pour protéger les amérindiens.

Fin avril, José Gregorio Diaz avait déjà appelé à une aide internationale, dénonçant le fait qu'"il n'y a pas de médecins, pas d'équipement de prévention contre cette pandémie" dans ces communautés indigènes, reconnues comme gardiennes de la biodiversité par l'IPCC, groupe d'experts de l'ONU sur le changement climatique.

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