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Sept pays s'engagent à protéger l'Amazonie

Sept des neuf pays qui se partagent l'Amazonie ont signé un pacte pour la protection de la plus grande forêt tropicale du monde, récemment dévastée par des incendies.

La forêt amazonienne ravagée par des incendies
La forêt amazonienne ravagée par des incendies Crédit : LULA SAMPAIO / AFP
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

C'est un grand pas pour la préservation de la forêt amazonienne. Sept des neuf pays qui se partagent l'Amazonie ont établi, ce vendredi 6 septembre en Colombie, des mesures de protection de la plus grande forêt tropicale du monde, ravagée par des incendies. La Colombie, le Pérou, l'Equateur, la Bolivie, le Brésil, le Surinam et le Guyana ont ainsi clos leur Sommet présidentiel pour l'Amazonie, organisé à Leticia (sud), en s'engageant à des "mesures concrètes" pour une région essentielle à l'équilibre climatique de la planète. 

Seuls manquaient le Venezuela, qui n'avait pas été invité, et la France dont le territoire d'outre-mer de Guyane compte aussi une vaste superficie amazonienne. "Nous signons un pacte, le Pacte de Leticia, pour nous organiser, travailler de façon harmonieuse sur des objectifs communs (...) qui nous engagent et nous poussent à protéger notre Amazonie", a déclaré le président colombien Ivan Duque, qui avait convoqué cette réunion en urgence avec son homologue péruvien Martin Vizcarra

A l'ouverture du sommet, le président brésilien Jair Bolsonaro, dont le gouvernement a été sévèrement mis en cause par la communauté internationale pour sa gestion des graves incendies de ces dernières semaines, a pour sa part appelé les pays à défendre leur souveraineté sur l'Amazonie, la jugeant "non négociable"

Jair Bolsonaro tacle Emmanuel Macron

Jair Bolsonaro, qui se s'était pas déplacé officiellement pour raisons médicales, s'en est en outre à nouveau pris à Emmanuel Macron : "Cette fureur internationale a seulement servi à ce que le chef d'une grande nation attaque le Brésil et mette en danger notre souveraineté" a-t-il estimé. 

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"Le président français a agi dans la précipitation en faisant ce qu'il a fait (mettre en cause la souveraineté du Brésil sur l'Amazonie), mais le plan pour convertir cette grande région en patrimoine mondial est toujours d'actualité", a-t-il ajouté. Pour rappel, 96.596 foyers d'incendies se sont déclarés au Brésil, dont 51,4% en Amazonie, entre début janvier et le 5 septembre, selon l'institut d'observations spéciales (INPE). 

D'extrême droite et climatosceptique, le chef de l'Etat brésilien a plusieurs fois exprimé son soutien à l'exploitation minière dans des réserves indigènes et des zones protégées. Le Pacte signé vendredi inclut la demande du président brésilien, représenté à Leticia par son ministre des Affaires étrangères Ernesto Araujo, de réaffirmer "les droits souverains des pays de la région amazonienne sur leurs territoires et leurs ressources naturelles". 

Il est nécessaire de "grouper les actions concrètes parce que la seule bonne volonté ne suffit plus. Nous demandons des actions pour le bien de l'Amazonie et de l'humanité", a pour sa part affirmé le président péruvien. 

Une lutte coordonnée contre la déforestation

Le texte prévoit des actions conjointes pour la protection de la forêt et la prévention, ainsi que la coordination des pays pour lutter contre les causes de déforestation, telles que l'exploitation minière, le trafic de drogue et l'extension illégale de la frontière agricole. Il recommande également la création d'un réseau amazonien de coopération pour faire face aux catastrophes naturelles, ainsi que pour mobiliser des ressources publiques comme privées afin de mettre en oeuvre les mesures qu'il édicte. 

Le chef d'État bolivien Evo Morales, dont le pays est aussi affecté par des incendies avec 1,7 million d'hectares brûlés depuis mai, a assuré que "la terre mère est en danger de mort" à cause du changement climatique, les atteintes aux sources d'eau et la consommation "excessive". 

Ce président socialiste a par ailleurs dénoncé le fait que le chef d'Etat vénézuélien, Nicolas Maduro, n'ait pas été invité à cause de "différences idéologiques". Le sommet de Leticia pour l'Amazonie a coïncidé avec l'appel lancé vendredi depuis Paris par la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay pour "renforcer les outils" visant à protéger des biens communs de l'humanité

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