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Brésil : Bolsonaro souhaite exploiter les ressources minières d'une réserve indigène

À la frontière avec le Venezuela et la Guyane, La Raposa Serra do Sol, qui abrite 17.000 autochtones, renferme d’importants gisements de minerai, dont de l'uranium.

Le président brésilien Jair Bolsonaro
Le président brésilien Jair Bolsonaro Crédit : RICARDO MORAES / POOL / AFP
Benjamin Hourcade
Benjamin Hourcade et AFP

Le président élu du Brésil, Jair Bolsonaro, cherchera à exploiter les ressources naturelles d'une gigantesque réserve indigène dans l'Amazone, à la frontière du Venezuela et de la Guyane, a-t-il promis lundi 17 décembre. 

Lors d'une cérémonie d'inauguration à Rio, il a évoqué le potentiel de la réserve Raposa Serra do Sol, dans l'État de Roraima (nord). "C'est la région la plus riche du monde. Il y a moyen d'exploiter de manière rationnelle. Et du côté des indigènes, de leur verser des redevances et de les intégrer à la société" a déclaré M. Bolsonaro lors d'une cérémonie à Rio de Janeiro.

La Raposa Serra do Sol, délimitée en 2005, s'étend sur 17.000 km², sur lesquels vivent quelque 17.000 autochtones. Elle renferme d'importants gisements de minerais comme le niobium, un métal léger utilisé dans la sidérurgie et l'aéronautique, et la deuxième plus grande réserve d'uranium au monde. Cette zone abrite également d'abondantes réserves d'or, d'étain, de cuivre et de diamants.

"L'indigène ne peut pas rester confiné dans une zone délimitée comme s'il s'agissait d'un animal dans un zoo"

Jair Bolsonaro
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Pendant sa campagne et peu après avoir gagné l'élection présidentielle en octobre dernier, l'ancien militaire avait déclaré qu'il reverrait la carte des réserves indigènes, les jugeant "surdimensionnées".

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"L'indigène ne peut pas rester confiné dans une zone délimitée comme s'il s'agissait d'un animal dans un zoo", estimait M. Bolsonaro dans un entretien il y a quelques mois. Ces personnes sont des "êtres humains comme nous, qui veulent évoluer, avoir l'électricité, un médecin, un dentiste, internet, jouer au football".

Le président élu, qui a remis en question la participation de son pays à l'accord de Paris sur le changement climatique, a également évoqué la possibilité de reprendre les études pour la construction de centrales hydroélectriques en Amazonie. Selon les experts, une telle initiative bouleverserait l'écosystème du fleuve Amazone et de ses affluents, et forcerait le déplacement des populations.

La Constitution brésilienne protège les droits des peuples autochtones sur leurs terres. 

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