3 min de lecture Coronavirus

Coronavirus en Suède : un taux de mortalité record dû au non-confinement ?

ÉCLAIRAGE - La Suède fait usage d'un modèle à l'opposé des autres pays dans sa gestion de la crise épidémique. Souvent pris en exemple en raison de son non-confinement, la réalité du modèle est plus contrastée.

Les suédois profitant du Sundspromenaden à Malmö en Suède, sans masques
Les suédois profitant du Sundspromenaden à Malmö en Suède, sans masques Crédit : Johan NILSSON / TT News Agency / AFP
Marie Gingault

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, la Suède a fait le choix d'appliquer un modèle unique en terme de gestion de la crise, à l'oposé des autres pays européens. Dans le pays, pas de confinement. Les bars, coiffeurs, restaurants, sont toujours ouverts et le port du masque n'est pas conseillé. Un modèle souvent pris en exemple mais qui est en réalité plus nuancé. 

Depuis plusieurs jours les voix commencent à s'élever dans le pays nordique, des voix qui dénoncent ce non-confinement, rapporte Le Figaro. En effet, d'après des chiffres de l'Université d'Oxford, la Suède a enregistré le taux quotidien de mortalité le plus élevé au monde, entre le 14 et le 20 mai dernier, sauf pendant deux jours où elle a été dépassée par l'Equateur. 

En début de semaine, la barre des 4.000 décès a été franchie et le pays déplore cette semaine 4,5 morts par jour par million d'habitants. C'est-à-dire 20 fois plus que la Finlande, et 10 fois plus que le Danemark, deux pays voisins.

Stratégie d'immunité collective ?

Dans beaucoup d'esprits, la Suède à fait le choix de la stratégie d'immunité collective, qui suppose que si environ 60% de la population a été contaminé par la Covid-19, alors cela finirai par endiguer l'épidémie. Comme le rappelle Le Monde, Stefan Löfven le premier ministre suédois avait fixé deux priorité en mars dernier : préserver les capacités d'accueil des hôpitaux et protéger les personnes les plus fragiles.

À lire aussi
Une équipe soignante pendant l'épidémie de coronavirus, dans à l'hôpital de Levallois-Perret (Île-de-France), le 9 avril 2020 santé
Coronavirus : l'OMS reconnaît que des "preuves émergent" de transmission par l'air

Si le gouvernement n'a jamais à proprement parlé d'une volonté d'immunité collective, il a néanmoins souligné que le non-confinement de la population pourrait la favoriser et ainsi protéger sa population d'une éventuelle deuxième vague. "L’immunité collective est un état que l’on peut atteindre, un statut, pas une stratégie", avait précisé Stefan Löfven le 15 mai.

L’épidémiologiste en chef du pays, le docteur Anders Tegnell, prône pour sa part une stratégie de contrôle : "C’est comme un feu de forêt, qu’on parvient à faire brûler doucement et de façon contrôlée jusqu’à ce qu’il s’éteigne"

Un des pays qui a adopté le moins de mesures restrictives

Si le gouvernement ne s'est pas officiellement prononcé sur une stratégie d'immunité collective, il est incontestable que la Suède, aux côté du Nicaragua, de la Biélorussie ou encore du Turkménistan, fait partie des pays ayant adopté le moins de mesures restrictives. 

En effet, la plus part des lieux publics sont toujours ouverts, c'est notamment le cas des bibliothèques, salons de coiffure et même des restaurants. Le gouvernement incite par ailleurs les habitants à sortir régulièrement, mais en étant précautionneux sur les distances. Ainsi les parcs, les plages, les forêt et les clubs de sports n'ont pas fermé depuis le début de la pandémie. 

Cependant, les lycées et universités ont été fermés, et à l'instar de la France, les grands rassemblements ont été interdits. Par ailleurs, le port du masque n'est pas conseillé en Suède. Selon Anders Tegnell les connaissances sur leur efficacité sont "extrêmement faibles"

La grogne du peuple

Après avoir été tant salué, ce modèle de gestion de la crise montre des failles. Dimanche, une trentaine de manifestants se sont regroupées dans le centre de Stockholm, autour d'un cercueil fictif avec des bouquets de fleurs, des bougies et des panneaux où étaient inscrits "Help Sweden", précise Le Figaro

Afin de respecter l'interdiction de rassemblement, les presque 900 autre personnes qui souhaitaient manifester pour cette cause ne sont pas venus mais leur noms ont été cités. Pour Déborah, une dentiste citée par nos confrères, la barre des 4.000 décès est "le résultat du non-confinement. Le virus s’est diffusé, lentement". Tandis que de son côté August, étudiant, déplore une nage à contre courant : "Il faut être stupide pour faire les choses différemment que dans le reste du monde, en étant persuadé qu’on a raison"

Avec ses 4.000 décès déplorés, la Suède se classe sixième au rang mondial du taux de décès par habitant. En effet, comme le souligne Le Monde, ce chiffre rapporté à la population de la Suède, est presque aussi élevé qu’en France.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus Suède Épidémie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants