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Coronavirus en Allemagne : comment la situation s'est dégradée

Depuis le mois de décembre, l'Allemagne a affronté successivement une deuxième puis une troisième vague de l'épidémie de Covid-19.

Angela Merkel devant le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, le 21 avril 2021 à Berlin.
Angela Merkel devant le Bundestag, chambre basse du parlement allemand, le 21 avril 2021 à Berlin.
Crédit : JOHN MACDOUGALL / AFP
Victor Goury-Laffont

Un taux de mortalité plus faible que chez ses voisins, davantage de tests disponibilités et une baisse des contaminations plus rapide : du premier confinement à l'été 2020, l'Allemagne semblait faire figure de modèle dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

Le tableau s'est depuis obscurci. En ce jeudi 22 avril, les chiffres restent moins désespérants que chez certains pays voisins, dont la France. Les Allemands déplorent un peu plus de 80.000 morts de la pandémie, selon les chiffres du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. 20.000 décès de moins qu'en France, alors que le pays compte 15 millions d'habitants en plus.

Pourtant, la tension autour de l'épidémie atteint depuis quelques mois des sommets. Depuis le 2 décembre, le pays vit sous un régime de confinement partiel, interrompu très brièvement au mois de mars. Dans un très grand nombre de régions, les commerces non-essentiels restent fermés, et les réunions privées sont en principe limitées à cinq personnes issues de deux foyers maximum, à l'exclusion des enfants de moins de 14 ans.

L'Allemagne a affronté, coup sur coup, la deuxième vague épidémique, avec un pic de 25.757 cas atteint le 23 décembre, puis la troisième, au cours de laquelle la barre des 20.000 cas quotidiens a été dépassée systématiquement du 14 au 20 avril.

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Pour endiguer la crise, l'exécutif allemand appelle depuis plusieurs semaines à un "arrêt d'urgence". Le modèle fédéral allemand, loué en début de crise pour la souplesse qu'il apportait aux régions, se retrouvent aujourd'hui au centre des critiques. Le Bundestag, chambre basse du parlement, a voté le 20 avril une nouvelle loi renforçant l'arsenal du pouvoir fédéral face aux régions. 

En cas de taux d'incidence supérieur à 100 cas pour 100.000 habitants pendant trois jours consécutifs, celles-ci se verront imposer un couvre-feu de 22h à 5h, et le sport avec des personnes extérieures à son foyer sera interdit. Lorsqu'il dépasse 165, l'école devra automatiquement se faire à distance.

La mesure votée, des opposants ont manifesté leur mécontentement dans les rues de Berlin, entraînant l'arrestation d'au moins 152 contestataires selon la police locale. Une opposition que partagent certains élus : "dans un État constitutionnel, il faut juste une justification claire pour intervenir dans les libertés fondamentales. Le gouvernement fédéral n'a pas réussi à l'apporter", a estimé Volker Wissing, secrétaire général du Parti libéral-démocrate, interrogé par la chaîne de télévision ZDF.

Une manifestante est exfiltrée par la police berlinoise le 21 avril 2021.
Une manifestante est exfiltrée par la police berlinoise le 21 avril 2021.
Crédit : Tobias SCHWARZ / AFP

Pour de nombreux analystes, les blocages institutionnels dans la gestion épidémique sont aussi le fruit des élections fédérales à venir. En septembre 2021, les Allemands seront appelés aux urnes pour élire leur nouveaux représentants au Bundestag, qui formeront un nouveau gouvernement après 16 années d'administration Merkel. Six régions, sur 16, éliront également un président.

"S'il y a un bon moment pour prendre un risque politique - et il n'y a pas grand chose de plus risqué que priver des citoyens de libertés sans certitude de réussite - ce n'est pas le milieu d'une année électorale", note dans une tribune Anna Sauerbrey, chroniqueuse du New York Times spécialiste des questions allemandes. "Il est de plus en plus difficile de trouver des points d'accord, alors que le pays commence à se mettre dans un mode de campagne électorale", tranche de son côté le média allemand Deutsche Welle.

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