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Coronavirus aux États-Unis : comment convaincre les républicains anti-vaccins ?

La vaccination va vite aux États-Unis, mais les autorités ont peur d’arriver à un palier d’ici à cet été car un tiers des électeurs républicains ne veulent pas se faire vacciner.

Une personne se fait vacciner contre la Covid-19 (illustration)
Une personne se fait vacciner contre la Covid-19 (illustration)
Crédit : KAREN DUCEY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Coronavirus aux États-Unis : comment convaincre les républicains anti-vaccins ?
04:11
Lionel Gendron - édité par William Vuillez

À ce rythme, dans une dizaine de jours, 100 millions d’Américains seront vaccinés. Mais les autorités ont peur d’arriver à un palier d’ici à cet été. Et l’obstacle est politique : convaincre les électeurs conservateurs. Selon un récent sondage, 33%, un tiers des électeurs républicains ne veulent pas se faire vacciner. Au moins 30 millions de personnes et 20% à être indécis. Côté démocrate 10% sont opposés, 20% sont indécis. Cela pourrait mettre en cause toute la stratégie vaccinale. 

L’immunité collective débute à 70% et même à 80% de la population immunisée. Si on additionne les anti-vaccins et les enfants, qui pour l’instant ne sont pas vaccinés, on n’y est pas. 

D’où l’idée de réunir un panel d’électeurs républicains pro-Trump pour comprendre leur opposition et voir s’ils peuvent changer d’avis. Une session de deux heures en visio-conférence, avec 19 participants. À la fin, l’un des "tests" pense qu’ils peuvent donner des slogans, des messages pour les faire changer d’avis.

"Être éduqué par endoctriné"

Alors, parmi les anti-vaccins, certains estiment que le virus est une fable, eux ne changeront sans doute jamais d’avis. Pas dans le panel étudié : tous les participants reconnaissent la dangerosité du virus, certains ont même été infectés.

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Ces électeurs républicains, pour justifier leur opposition au vaccin, avancent avant tout le manque de recul sur les effets à long terme de l'injection, malgré les propos rassurants des scientifiques. Ils accusent aussi le gouvernement et les scientifiques d’avoir menti par le passé, reprenant la thèse de Donald Trump comme quoi les démocrates se seraient servis du virus comme d’une arme politique, en surestimant son danger. "On veut être éduqué par endoctriné", estime l’un des participants.

Encore plus surprenant, une femme ancienne employée du laboratoire Merck a confiance dans le vaccin, mais pas dans le gouvernement. On voit le degré de défiance. Durant cette session, des hommes politiques sont intervenus. Un élu républicain a dit que selon lui, il fallait se faire vacciner, ajoutant : "Je comprends la méfiance des électeurs de Donald Trump car les laboratoires ont attendu la défaite de Donald Trump pour valider leur vaccin". Toujours cette politisation du sujet.

L’administration Biden en prend pour son grade : notamment pour ne pas reconnaître le travail accompli par la précédente administration. À noter que ces derniers jours, le rôle de la chaine Fox News est mis en avant, notamment à travers son présentateur star, Tucker Carlon qui appelle régulièrement à se méfier du vaccin.

La franchise semble fonctionner pour que les anti-vaccins ou les indécis changent d’avis. Au cours de la réunion, un scientifique a reconnu que d’éventuels effets secondaires à long terme ne sont pas étudiés. Et pour cause, on n’a pas assez de recul. Ça fait un peu pencher la balance a reconnu un membre du panel.

De même, quand un homme politique républicain raconte sa propre expérience, comme l'ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie, ancien conseiller de Donald Trump gravement atteint par le coronavirus. Il a mis l'accent sur le caractère "aléatoire" de cette maladie. 

Trump pourrait-il les faire changer d’avis ?

Pas vraiment, disent-ils, précisant qu’ils écouteront plutôt leur conjoint ou leur médecin. Le sondeur qui supervisait cette étude dit avoir été surpris de voir à quel point le vaccin était "politique". Mais il pense pouvoir proposer des messages ces prochains jours : rappeler par exemple que les vaccins ont été vite approuvés car on a réduit la paperasse, pas les vérifications. Plus généralement ces derniers jours, on voit, outre des hommes politiques, des leaders religieux, des représentants de la communauté afro américaine, se mobiliser pour convaincre de l’intérêt du vaccin.

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