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Composants venus d'Asie, prix peu compétitif, fuite de données... pourquoi le Trump Mobile réunit tous les ingrédients d'un flop ?

Présenté comme un smartphone "made in USA", le Trump Mobile T1 s’éloigne de sa promesse initiale. Avec des composants venus d'Asie, un soupçon de fuite de données et un prix pas si compétitif, le lancement du T1 s'annonce décevant.

Le Trump mobile arrive enfin sur le marché, en mai 2026.

Crédit : JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le smartphone de Trump : un flop annoncé

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Pierre Herbulot - édité par Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Il y a les mots, les promesses et puis la réalité. L'homme d'affaires et président américain Donald Trump a lancé un smartphone dont la sortie a été reportée à plusieurs reprises. Les premières commandes ont été expédiées en mai, a annoncé sur X l'opérateur qui chapeaute la production.

L'ambition du téléphone T1, baptisé Trump 1, était d'être un étendard du "made in USA", prouvant la faisabilité d'un produit à la fois économique et de qualité. Finalement, le mobile Trump ne coche aucun de ces trois critères. 

Tout d'abord, la mention "fabriqué aux États-Unis" a disparu du site internet, remplacée par la formule alambiquée "conçu avec les valeurs américaines". Le téléphone, doré et très bling-bling, arbore le logo Trump Mobile et un drapeau américain à l'arrière. En droit français, on serait à la limite de la pratique commerciale trompeuse. 

90% des composants venus d'Asie

En réalité, l'appareil est assemblé en Floride, mais avec des composants électroniques qui viennent à 90% d'Asie, contrairement à la promesse de départ. Pourquoi le président a-t-il renoncé au Made in USA ? Parce que le savoir-faire pour produire les composants à l'intérieur de la coque en plastique est concentré en Inde, en Chine, en Corée. Dans les faits, relocaliser la production de smartphones est plus complexe qu'avec un moteur de voiture, où il est possible de rapatrier une ligne de production. 

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De plus, dans les entrailles de nos téléphones se trouvent un processeur, des capteurs optiques et GPS, des caméras, une carte graphique, une batterie. Autant de matériaux qui sont soumis au fameux droit de douane américain selon un économiste. Trump, l'arroseur arrosé.

Le T1 est vendu au "prix promotionnel" de 499 dollars (430 euros), soit deux fois moins cher qu'un iPhone premier prix. Peut-on pour autant le considérer bon marché ? Pas sûr. Samsung vend ses modèles d'entrée de gamme à partir de 200 euros comme Xiaomi. 

La question de la qualité se pose également. Il faut attendre les premiers tests pour en avoir le cœur net, mais le Trump Mobile pourrait en réalité être un ancien smartphone redessiné : le U24 Pro de la société taïwanaise HTC, sorti il y a deux ans. Un modèle qui affiche exactement les mêmes caractéristiques techniques.

La plateforme vulnérable aux fuites de données

Autre problème : la plateforme trumpmobile.com, associée à Donald Trump, ferait l'objet d'une vulnérabilité, signalée par des consommateurs, qui aurait fait fuiter des données client comme les e-mails, numéros de téléphone et adresses postales. Les données bancaires ne sembleraient pas concernées. 

Tous les ingrédients d'un flop sont donc réunis. D'autant qu'une faille de sécurité sur le site de précommande a révélé que le démarrage était très timide. Si la marque assure avoir reçu 600.000 réservations, la réalité est bien plus faible, avec à peine 30.000 précommandes. 

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