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Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l'Union européenne.
Crédit : Dursun Aydemir / ANADOLU / Anadolu via AFP
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Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se retrouvent ce mardi 21 avril à Luxembourg pour discuter de leur accord d’association avec Israël, à la demande de plusieurs États membres dont l’Espagne.
Signé en 1995 et entré en vigueur en 2000, cet accord constitue le socle des relations entre Bruxelles et Tel-Aviv. Il établit notamment une zone de libre-échange couvrant une grande partie des biens industriels et agricoles, et organise un dialogue politique structuré. L’UE est aujourd’hui le principal partenaire commercial d’Israël.
Au fil des années, ce cadre s’est élargi, permettant à Israël de participer à plusieurs programmes européens comme Erasmus+, renforçant les échanges académiques et culturels.
Mais cet accord repose sur une condition essentielle : le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques, inscrit noir sur blanc dans son article 2. C’est précisément ce point qui alimente les critiques. Plusieurs États membres estiment que les actions d’Israël dans les territoires palestiniens, notamment en Cisjordanie, ainsi que les offensives militaires récentes au Liban et dans la bande de Gaza, pourraient contrevenir à cette clause.
La dégradation de la situation sur le terrain a ainsi relancé le débat. Le 9 avril, le Quai d’Orsay évoquait des frappes israéliennes jugées "disproportionnées" au Liban durant la guerre actuelle au Moyen-Orient et dénonçait les violences de colons en Cisjordanie. Le Premier ministre palestinien Mohammed Mustafa a lui-même parlé d’une violence "sans précédent".
Dans ce contexte, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a franchi un cap en réclamant dimanche 19 avril la rupture pure et simple de cet accord.
Un gouvernement qui viole le droit international ne peut être partenaire de l’Union européenne.
Pedro Sánchez
Madrid, soutenu par l’Irlande et la Slovénie, a officiellement demandé un réexamen du texte. Mais une rupture nécessiterait l’unanimité des 27 États membres, un scénario peu probable à ce stade.
En parallèle, la Commission européenne évoque une option plus réaliste : une suspension partielle, notamment du volet commercial, qui pourrait être adoptée à la majorité qualifiée. Mais là encore, les divisions persistent, certains pays comme l’Allemagne s’y opposant fermement.
La contestation dépasse désormais les cercles diplomatiques. Une pétition européenne, lancée par l’Alliance de la gauche européenne pour les peuples et la planète, a recueilli plus d’un million de signatures. Elle demande la suspension totale de l’accord, dénonçant le nombre élevé de victimes civiles dans la guerre à Gaza.
Pour autant, cette mobilisation citoyenne ne contraint pas juridiquement la Commission européenne à agir. Elle accentue toutefois la pression politique sur les institutions européennes.
Reste que toute évolution de cet accord s’annonce complexe. Dès septembre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, estimait qu’une suspension serait "difficile" à obtenir, faute de consensus.
Les discussions de ce mardi 21 avril pourraient néanmoins relancer le dossier, d’autant que certains États espèrent un changement de position après la défaite électorale du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, dont le pays bloquait jusqu’ici certaines sanctions à l'encontre de l'État hébreu.
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