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Beyrouth au Liban, le 28 mars 2026, après les bombardements d'Israël.
Crédit : AFP
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À Hajjeh, un village chrétien d’environ 700 habitants situé dans la "zone rouge" du sud du Liban, la vie s’organise sous la menace constante. Israël appelle depuis plusieurs semaines à évacuer ces régions, mais ici, beaucoup refusent de partir.
"Je ne suis pas à l’aise. On entend le bruit du drone israélien. Il vole constamment au-dessus de nous. C’est devenu un réflexe naturel de regarder le ciel", confie le maire de la commune au micro de RTL.
Lorsque l’ordre d’évacuation a été donné, "c’était la panique totale" selon les propos de l'élu. Mais après discussion, les habitants ont décidé de rester. "Il n’y a pas de raison de nous cibler. Mais je ne suis pas sûr à 100% que ça n’arrivera pas", admet-il.
Une décision qui se heurte désormais à une réalité matérielle de plus en plus difficile : "On commence à arriver au bout de nos stocks de nourriture et de médicaments. Seuls les convois humanitaires osent venir ici."
Si certains villages tiennent encore debout, d’autres ont été largement détruits, poussant des habitants à fuir vers des zones un peu moins exposées.
Dans un centre d’accueil improvisé, un gérant raconte auprès de RTL : "Ils viennent de l’extrême sud. On les a accueillis pour une nuit à l’abri. Puis, de nuit en nuit, ils sont restés, cela dure depuis un mois."
Faute de moyens, la solidarité locale s’organise : "On a fini par obtenir des matelas en faisant des appels aux voisins."
Certains tentent déjà de reconstruire. Faysul, charpentier, anticipe un retour impossible pour plusieurs familles : "On sait que certains ne retrouveront pas leur domicile. Alors on commence à faire des murs pour leur offrir de nouvelles maisons."
Parmi les déplacés, la lassitude domine. "Moi, je n'en peux plus. Tous les six mois, on quitte nos maisons, on ferme nos école. Je suis fatigué", lâche amèrement un réfugié.
À la veille de nouvelles négociations entre le Liban et Israël à Washington, l’espoir est fragile. "Est-ce que je crois à la paix ? Je vais vous répondre que je l’espère", ajoute-t-il.
Ces discussions diplomatiques, pourtant qualifiées d’historiques, ne suscitent pas partout le même espoir. Une habitante rejette ouvertement toute perspective d’accord : "Je ne veux pas que les pourparlers aboutissent. Si je te mets une claque tous les jours, tu ferais quoi ? Tu finirais par me répondre. Israël n’arrête pas de nous agresser. Alors maintenant, il faut faire la guerre." Déterminée, elle conclut : "Je suis prête à rester ici s’il faut, le temps que ça dure, c'est une question de dignité."
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