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Comment la Russie pourrait se servir de "Poséidon", sa "super arme" nucléaire

ÉCLAIRAGE - Selon CNN, Moscou développe actuellement une torpille nucléaire capable de provoquer de gigantesques tsunamis radioactifs. Une arme dont l'enjeu serait avant tout d'assoir l'influence russe dans l'Arctique.

Image satellite montrant un sous-marin de missile balistique nucléaire russe Delta IV près de l'île d'Alexandra, dans l'Arctique, le 27 mars 2021.
Image satellite montrant un sous-marin de missile balistique nucléaire russe Delta IV près de l'île d'Alexandra, dans l'Arctique, le 27 mars 2021.
Crédit : AFP PHOTO / Satellite image ©2021 Maxar Technologies
Thomas Pierre

Les experts militaires appellent cela un "Tigre de papier". Une arme, en apparence si terrifiante et à la puissance si "apocalyptique", que son objet premier serait davantage de dissuader que de provoquer la destruction pour laquelle elle est originellement conçue. 

Actuellement développé par la Russie, le programme "Poséidon 2M39", cette "super torpille" nucléaire capable d'engendrer des "tsunamis radioactifs" sur les côtes ennemies, entre très certainement dans cette catégorie. Et à ce titre, elle fait partie de la nouvelle armada russe souhaitée par Moscou pour étendre sa sphère d'influence dans les années qui viennent. 

Ainsi, selon CNN, le sous-marin "Belgorod", conçu pour accueillir le Poséidon (qui ferait 20 mètres de long) serait aussi sur le point d'être finalisé. Autre illustration de ce réarmement massif, les militaires russes plancheraient également sur un missile hypersonique, baptisé "Tsirkon", capable de voyager furtivement à huit fois la vitesse du son, le rendant très difficile à contrer par une défense anti-aérienne, notamment américaine. 

De nouveaux équipements qui, à l'instar du Poséidon, seraient "utilisé(s) pour effrayer", et comme "carte de négociation" au moment de défendre les intérêts russes face à ceux d'autres puissances étrangèresestime Katarzyna Zysk, professeur de relations internationales à l'Institut norvégien des études de défense. 

Pourquoi l'Arctique ?

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Mais ces armes de pointe ont un autre point commun. Elle sont toutes développées dans d'anciennes bases soviétiques, réinvesties ces dernières années, et situées le long de la côte bordant l'Arctique. 

Un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Thomas Campbell, décrit ainsi ce redéploiement au delà du cercle polaire : "La Russie est en train de rénover les aérodromes et les installations radar de l'ère soviétique, de construire de nouveaux ports et centres de recherche et de sauvetage, et de construire sa flotte de brise-glaces à propulsion nucléaire et conventionnelle". 

Du côté russe, on assure officiellement que ce regain d'intérêt pour l'Arctique est, bien que militaire, avant tout pacifique. En novembre, Vladimir Poutine la justifiait ainsi : "nous disposons d'une flotte de brise-glace unique qui occupe une position de leader dans le développement et l'étude des territoires arctiques. Nous devons réaffirmer cette supériorité constamment, chaque jour". 

Un nouvel Eldorado russe ?

Et début avril, le président russe assurait encore que "l'expédition dans l'Arctique" n'avait pas "d'équivalent dans l'Histoire soviétique et moderne de la Russie." Des velléités scientifiques pour expliquer la présence de plus en plus importante de la Russie dans la région, mais dont les enjeux semblent plus véritablement être stratégiques et économiques. 

Moscou compterait en effet étendre son influence sur la "route maritime du Nord", une voie de navigation reliant la Norvège à l'Alaska, en longeant les côtes russes jusqu'à l'Atlantique Nord. Une route de plus en plus praticable du fait de la fonte des glaces provoquée par le réchauffement climatique. 

En l'empruntant, les porte-conteneurs réduiraient drastiquement leur temps de trajet entre l'Europe et l'Asie. Les retombées économiques seraient alors énormes pour la puissance dominante dans la région. Cette démonstration de force dans l'Arctique peut ainsi être vue comme un message sans ambiguïté envoyé par le Kremlin à la communauté internationale. 

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