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Brésil : un député gay renonce à son mandat après des menaces

Le député de Rio de Janeiro Jean Wyllys a également quitté le Brésil. Le "niveau de violence" aurait augmenté depuis l'élection de Jair Bolsonaro, affirme-t-il.

Jean Wyllys, député socialiste de Rio de Janeiro, lors d'un meeting le 2 avril 2018
Jean Wyllys, député socialiste de Rio de Janeiro, lors d'un meeting le 2 avril 2018
Crédit : Mauro Pimentel / AFP
Thomas Pierre & AFP

Le député gay Jean Wyllys, qui représente les personnes LGBT au Parlement brésilien, a annoncé jeudi 24 janvier qu'il renonçait à son troisième mandat. En cause, des nombreuses menaces qu'il aurait reçues depuis l'élection le 28 octobre du président d'extrême droite, et ancien militaire, Jair Bolsonaro. 

"Préserver une vie menacée est aussi une stratégie de lutte pour des jours meilleurs. Nous avons fait beaucoup pour le bien commun. Et nous ferons beaucoup plus quand viendront des temps nouveaux, peu importe que nous agissions par d'autres moyens", a écrit sur Twitter le député du Parti Socialisme et liberté (PSOL).

Selon le service de communication du Parlement, Jean Wyllys, 44 ans, n'a pas encore officialisé sa décision. Mais selon son assistante contactée par l'AFP, le Parlementaire a déjà quitté le Brésil avec l'intention de vivre provisoirement "hors du pays", sans préciser sa destination. Son mandat devait débuter le 1er février. 

Dans un entretien accordé au quotidien Folha de S. Paulo, Jean Wyllys a expliqué que ce n'était "pas l'élection de Bolsonaro en elle-même" qui l'avait poussé à renoncer à son troisième mandat consécutif. 

Néanmoins, depuis son accession à la présidence, c'est le "niveau de violence qui a augmenté", affirme-t-il. Le député prend notamment pour exemple la multiplication des agressions et des meurtres de membres de la communauté LGBT.

Une relation houleuse avec Jair Bolsonaro

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En novembre, après la victoire de Jair Bolsonaro, qui a bénéficié d'un large soutien de la part des églises évangéliques ultra-conservatrices, la Commission interaméricaine des droits humaines (CIDH) avait demandé au Brésil qu'il prenne les "mesures nécessaires pour protéger les droits, la vie et l'intégrité personnelle" de Jean Wyllys et de sa famille.

En avril 2016, pendant les débats au Parlement sur la destitution de l'ancienne présidente de gauche Dilma Rousseff, Jean Wyllys avait craché au visage de Jair Bolsonaro, à l'époque député, qui venait de faire l'éloge d'un tortionnaire notoire de l'époque de la dictature militaire brésilienne.

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