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Le colonel Patrick Pégeot, chef du suivi des opérations judiciaires pour la Gendarmerie nationale, invité de RTL pour revenir sur l'enquête "hors normes" de l'affaire Jubillar
Crédit : RTL
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Plus de deux semaines après le revirement de situation dans l'affaire de la disparition de Delphine Jubillar, à la suite des aveux de Cédric Jubillar sur sa culpabilité dans la mort de sa compagne, l'enquête suit son cours afin de pouvoir déterminer les circonstances précises du drame.
Sur RTL ce mercredi 22 juillet, le colonel Patrick Pégeot, chef du suivi des opérations judiciaires pour la gendarmerie nationale, est revenu sur ce qui provoque le caractère exceptionnel de cette enquête que le militaire qualifie de "hors norme".
Le 6 juillet dernier, Cédric Jubillar a avoué dans une lettre manuscritre transmise à son avocat, et révélée par La Dépêche du Midi, être l'auteur du meurtre de Delphine, son épouse avec qui il était en instance de divorce. Puis le 15 juillet, devant une magistrate désignée par la présidente de la cour d'assises pour interroger Cédric Jubillar, ce dernier a donné davantage de précisions sur les circonstances du meurtre.
Le peintre-plaquiste a ainsi avoué avoir étranglé sa compagne au cours de la nuit après une énième altercation. Ainsi, afin de vérifier la véracité des aveux de Cédric Jubillar, la gendarmerie a été saisie "d'une nouvelle commission rogatoire par la juge d'instruction qui va permettre aux enquêteurs de la gendarmerie, et plus particulièrement ceux de la Section de recherche de Toulouse, de déterminer et de confronter les déclarations de Cédric Jubillar à la réalité des témoignages et des faits qui seront relevés".
Selon le colonel Pégeot, "le travail des enquêteurs va être de confirmer ou d'infirmer les déclarations de Cédric Jubillar, de comprendre comment Delphine Aussaguel a été tuée, à quelle heure, la manière dont elle a été tuée et est-ce qu'il y avait préméditation ou pas".
Disparue depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020, l'affaire Jubillar, de par l'absence de corps notamment mais aussi par les difficultés à obtenir des aveux de la part de celui qui reste, encore aujourd'hui, le principal suspect de l'affaire en dépit de ses aveux, a provoqué une multiplicité des actes d'enquête.
"C'est une enquête où il y a eu 15.000 actes de procédure, 27 tomes d'instructions, donc on a déjà beaucoup enquêté. C'est une enquête qui a duré pendant trois ans avec une dizaine d'enquêteurs de la section de recherche de Toulouse", selon le colonel. "Au bout de trois ans d'enquête, nous avons réussi à trouver des indices graves et concordants qui impliquaient Cédric Jubillar, que nous avons présenté au procès avec la condamnation que vous connaissez", s'est félicité le militaire.
Plus récemment, depuis la découverte d'os appartenant à Delphine Jubillar le jeudi 16 juillet après les indications de son compagnon, placé en détention provisoire, l'une des difficultés résidait aussi dans l'identification des restes de la mère de famille.
"Ce qui n'était pas évident, je veux dire, les os étaient en mauvais état et il a fallu toute la technicité de l'IRCGN pour permettre de trouver cet ADN. Ensuite, les os ont continué d'être exploités, sachant qu'on en a trouvé relativement peu. Ce qui fait que ce sera forcément compliqué d'avoir des éléments probants liés à ces ossements", a déclaré sur RTL le colonel Patrick Pégeot.
Pour identifier ces ossements dégradés et parcellaires, "ce sont des techniques d'extraction qui ont été mises en œuvre par l'IRCGN, sachant que les os étaient en mauvais état, étant anciens".
"Donc il y a un protocole d'os ancien qui permet de maximiser les chances de trouver de l'ADN. Encore une fois, nous n'étions pas sûrs de trouver de l'ADN sur ces os et nous sommes très satisfaits que l'IRCGN a réussi à en trouver", décrit-il, avant de préciser que les analyses n'en sont encore qu'au début, les ossements n'ayant "peut-être pas fini de parler".
Tandis que le champ où le corps de Delphine Jubillar a été enfoui dans un lieu qui ne se situait qu'à une dizaine de kilomètres du domicile conjugal, il pouvait apparaitre étonnant que, lors des recherches après la disparition de la victime, la zone n'a pas été fouillée. Mais selon le militaire, l'explication réside finalement dans la taille gigantesque de la zone de recherches.
"L'endroit où a été retrouvée la dépouille est à dix kilomètres de Cagnac. Donc, à la fois ça semble proche (...) mais néanmoins, la surface d'un cercle de 10 km de rayon, c'est 300 km². C'est trois fois la surface de Paris. Donc vous imaginez bien que nous ne pouvions pas fouiller trois fois la surface de Paris, qu'il a fallu faire des choix qui correspondaient aux habitudes de Cédric Jubillar notamment, et donc cet endroit n'a pas été fouillé parce que ce n'était pas possible de le fouiller tout simplement", a justifié le chef du suivi des opérations judiciaires pour la Gendarmerie nationale.
Au global d'ailleurs, ce dernier salue le travail de toute une profession engagée dans chaque facette de l'enquête, grâce à une enquête menée par "toutes les branches de la gendarmerie judiciaire, mais aussi les gendarmes départementaux, les gendarmes mobiles pour les recherches, les hélicoptères, les maîtres de chiens, les plongeurs, les spécialistes de l'IRCGN, des sciences comportementales".
Un déploiement nécessaire afin de permettre aux enquêteurs de ne manquer aucun détail dès le début des investigations, malgré des critiques émises sur la toute première intervention des gendarmes après le signalement émis par Cédric Jubillar la nuit de la disparition.
"Vous savez, au début, vous avez deux gendarmes primo-intervenants qui interviennent et qui, à mon avis, ont le bon réflexe de considérer que c'est une affaire qui est grave. Et dès le début, elles font appel aux renforts et aux enquêteurs de la section de recherche de Toulouse. Donc je pense que les réactions étaient extrêmement bonnes. Ensuite, à deux gendarmes, vous ne pouvez pas tout faire en primo-intervenant à 4 heures du matin sur une scène et dans un décor que vous ne connaissez pas", a justifié le colonel de gendarmerie.
Très vite, un dispositif important d'enquête a été mis en place afin d'effectuer des perquisitions pour tenter de trouver des indices déterminants dans le reste des investigations. Des recherches qui ont permis la découverte d'éléments remettant en cause l'innocende de Cédric Jubillar, à l'image par exemple d'une paire de lunettes appartenant à sa compagne, retrouvée cassée en trois morceaux, suggérant ainsi une dégradation causée par un coup de poing selon des expertises ultérieures.
"C'est vrai que nous avons trouvé un certain nombre d'éléments. Ce sont les lunettes cassées, ce sont aussi des témoignages, des témoignages de cris dans la nuit, des témoignages, comme vous le savez, de la mère de Cédric Jubillar et de son fils. Et l'ensemble de ces éléments nous ont poussé à avoir quand même une certaine idée sur la mise en cause de Cédric Jubillar", a décrit le colonel Pégeot.
Un travail acharné qui aura donc permis à la justice, en dépit des dénégations de l'accusé sur son implication dans le meurtre de Delphine Jubillar, de mener à la condamnation à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Delphine. Tandis que le procès en appel devait initialement se tenir en septembre 2026, la présidente de la cour d’assises de la Haute-Garonne a finalement statué sur une date qui devrait intervenir au cours du premier semestre 2027.
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