2 min de lecture Racisme

Brésil : la mort d'un homme noir battu par des agents de sécurité suscite l'indignation

En cette Journée de la conscience noire au Brésil, le pays s'indigne de la mort d'un homme noir survenue jeudi 19 novembre, après avoir été frappé par des agents de sécurité d'un supermarché Carrefour, à Porto Alegre.

Une banderole "Justice, Beto vit" pour dénoncer la mort jeudi 19 novembre d'un homme noir, battu par la sécurité blanche d'un Carrefour de Porto Alegre.
Une banderole "Justice, Beto vit" pour dénoncer la mort jeudi 19 novembre d'un homme noir, battu par la sécurité blanche d'un Carrefour de Porto Alegre. Crédit : SILVIO AVILA / AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

Une affaire qui rappelle celle de George Floyd. La mort d'un homme noir battu par des agents de sécurité blancs survenue jeudi 19 novembre dans un supermarché du groupe Carrefour à Porto Alegre (sud) a déclenché une vague d'indignation au Brésil. Le pays célèbre ce vendredi la Journée de la conscience noire.

Une vidéo enregistrée par un témoin, relayée par les médias et sur les réseaux sociaux, montre le moment où Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, est frappé de multiples coups de poing au visage par un des agents tandis que l'autre le maintenait. Sur d'autres images,  on peut voir les secours effectuer un massage cardiaque à l'homme allongé devant une entrée du supermarché. Il est mort sur place.

Selon la police militaire, la victime aurait menacé un employé du supermarché qui a appelé les agents de sécurité. Les deux agresseurs ont été arrêtés. L'un d'eux est un policier militaire qui travaille pour la compagnie de sécurité privée en dehors de ses heures de service.

La filiale brésilienne du groupe Carrefour a regretté la "mort brutale" de Joao Alberto Silveira Freitas et a déclaré qu'elle prendrait "les mesures appropriées pour tenir responsables les personnes impliquées dans cette affaire criminelle".

L'indignation sur les réseaux sociaux

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Cet événement tragique a déclenché l'indignation sur les réseaux sociaux et a été au centre des rassemblements prévus ce vendredi à l'occasion de la Journée de la conscience noire, jour férié dans plusieurs États.

"Les gardes de sécurité de Carrefour ont frappé Beto, un homme noir, par banalité, par méchanceté, par haine. Nous luttons pour une société moins haineuse, plus tolérante et moins armée, précisément pour éviter cela," a tweeté Josué Tavares, avocat et membre des Nations Unies pour les droits de l'homme et l'égalité des sexes.

"On dirait qu'il n'y a pas d'issue. Même le jour de la conscience noire", se désolait Richarlison, l'attaquant métis de la Seleçao qui évolue à Everton (1ere division anglaise). "Ils ont tabassé à mort un homme noir devant les caméras. La violence et la haine ont perdu toute pudeur", a-t-il ajouté, égrainant les noms des Brésiliens Joao Pedro, 14 ans, et Evaldo Santos, un musicien de 51 ans, ainsi que celui de l'Américain George Floyd, faisant référence à d'autres hommes noirs morts des suites de violences policières.

Au Brésil, le dernier pays des Amériques à avoir aboli l'esclavage en 1888, plus de la moitié des 212 millions d'habitants sont noirs ou métis. Selon l'"Atlas de la violence" paru en août dernier, le nombre des meurtres de Noirs a augmenté de 11,5% entre 2008 et 2018, tandis que chez les non-Noirs il a diminué de 12,9% dans le pays.

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