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Elie Yaffa (Booba) lors du match de football du championnat de France de Ligue 1 entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille, le 8 février 2026 au stade Parc des Princes à Paris, France.
Crédit : Matthieu Mirville / DPPI via AFP
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Le rappeur Booba, aussi surnommé B2O ou "Le Duc de Boulogne", a été condamné mardi 2 juin par le tribunal correctionnel de Paris à trois mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende pour cyberharcèlement et injure raciale envers une journaliste de France Télévisions. L’artiste, connu notamment pour les titres Mona Lisa, Dolce Camara ou encore Petite fille, était poursuivi après des messages publiés sur le réseau social X visant la journaliste Linh-Lan Dao.
Celle-ci avait porté plainte en avril 2024 contre le rappeur, de son vrai nom Élie Yaffa. Elle lui reprochait de l’avoir exposée à une vague de harcèlement en ligne après la publication d’un article de fact-checking scientifique évoquant la "dérive complotiste" de l’artiste.
La journaliste avait notamment analysé des propos du rappeur établissant un lien entre les vaccins contre le Covid-19 et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Dans les heures ayant suivi la publication de l’article, Booba avait multiplié les messages sur X à son encontre devant ses plus de six millions d’abonnés.
Le tribunal a notamment retenu des propos à connotation sexiste et raciale. Dans sa décision consultée par l’AFP, la juridiction estime que "la dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant".
Les magistrats ont également considéré que les publications du rappeur constituaient des "attaques gratuites" contre une journaliste dans l’exercice de ses fonctions.
Pour le tribunal, les messages de Booba "visaient à s’en prendre, par des attaques gratuites, à une journaliste dans le cadre de sa profession, au seul motif que ses investigations parvenaient à une conclusion différente de la sienne, pour la faire taire".
Absent lors du procès le 1er avril, le rappeur a aussi été condamné à verser 4.000 euros de dommages-intérêts à Linh-Lan Dao.
À l’issue du jugement, l’avocate de la journaliste, Me Ilana Soskin, s’est félicitée d’une décision reconnaissant la responsabilité du rappeur "en tant que leader avec une communauté". De son côté, Linh-Lan Dao a déclaré auprès de l’AFP se sentir "extrêmement soulagée et satisfaite du jugement", espérant désormais "pouvoir tourner la page".
Dans un autre dossier examiné à la même audience, Booba a également été condamné à 20.000 euros d’amende pour injure raciale envers le chroniqueur Tristan Mendès-France.
Ce dernier avait pris la défense de Linh-Lan Dao sur X et dénoncé le cyberharcèlement dont elle faisait l’objet. Le tribunal a reproché au rappeur des messages faisant allusion au nez du chroniqueur, considérés comme une "reprise du stéréotype antisémite le plus éculé" en 2024.
L’avocate de Booba, Me Marie Roumiantseva, a annoncé à l’AFP faire appel des deux condamnations.
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